Le continent disparu

L'argent n'est pas l'argent. Il est ce qu'il dit de nos vies et de nos trépas. Il est notre intime lien avec les occultes et visibles forces en oeuvre. Il est notre aliénation et notre liberté (lire Georg Simmel à ce sujet).

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Pourquoi cette question ? Car en ce moment l'Euro semble dire quelque chose de l'Europe. Il devrait du moins nous encourager à penser.

Par exemple, dans le Monde aujourd'hui, cette opinion de Patrick Artus qui nous dit d'une façon très claire que l'Union est une forteresse monétaire et économique qui n'est pas dirigée. Un peu comme si ces peuples avaient construit un magnifique vaisseau apte à afronter toutes les mers et toutes les tempêtes, à rallier les rivages les plus luxuriants.

Mais il n'y a personne à la barre ! Juste une armée de technocrates dignes de Brazil, et quelques eurodéputés affairés à ne pas déplaire.

Personne pour dire à quoi doit servir cette richesse, quel monde elle est censée incarner et faire vivre. La question suivante est : faut-il un système de pilotage de l'UE ou les forces vives auront-elles capacité à faire émerger une sorte de sagesse ?

Pour ma part ce bateau ivre me fait trembler. Et si le "durable" et une économie sans expansion étaient les prochains objectifs politiques ? Je n'ose utiliser le mot de partage, tant il est galvaudé. Mais la phrase de Hugo retse plantée en moi : "C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches". Il reste aux peuples de ce continent à s'emparer de quelque chose qui puisse ressembler à un projet humain.


La tribune parue dans Le Monde :

Même après son petit recul récent, l'euro s'est apprécié de 20 % vis-à-vis du dollar depuis le début de l'année 2007 ; il est aujourd'hui surévalué de 30 % environ par rapport à la parité de pouvoir d'achat, c'est-à-dire par rapport au niveau qui donnerait un niveau de compétitivité normal à l'industrie européenne.


On critique souvent la Banque centrale européenne (BCE) pour cette évolution du taux de change de l'euro, mais il faut voir que des taux d'intérêt plus bas dans la zone euro ne changeraient pas grand-chose à cette évolution : l'euro s'est fortement apprécié vis-à-vis du dollar en 2006 et au premier semestre 2007 alors que les taux d'intérêt à court terme sur le dollar étaient beaucoup plus élevés que les taux d'intérêt sur l'euro (au début de 2006, 4,5 % aux Etats-Unis contre 2,25 % dans la zone euro), ce qui montre que les niveaux relatifs de taux d'intérêt ne sont pas les déterminants essentiels de la parité de l'euro.

La cause essentielle de l'appréciation de l'euro est à trouver dans les flux de capitaux qui se dirigent vers la zone euro : depuis 2002, et de manière croissante, les investisseurs non européens accroissent leurs détentions de titres (obligations, actions) en euros, avec des achats nets annuels de ces titres variant autour de 600 milliards d'euros par an. Ceci reflète la hausse du rôle de l'euro, au détriment essentiellement du dollar, comme monnaie internationale de réserve, pour les investisseurs privés comme pour les investisseurs publics : la part de l'euro dans les réserves de change des banques centrales est passée de 14 % en 2002 à 27 % au début de 2008.

Or la zone euro n'a pas besoin de ces financements extérieurs : elle n'a ni déficit commercial ni dette extérieure, c'est-à-dire qu'elle n'est pas vendeuse d'actifs au reste du monde, qu'elle n'a pas la nécessité de s'endetter auprès du reste du monde. Il y a donc une demande croissante d'actifs en euros de la part des investisseurs non européens, et pas d'offre correspondante : le rééquilibrage du marché des actifs en euros, à partir de cette situation initiale d'excès de demande, implique donc une appréciation de l'euro. L'euro fort vient donc du rôle croissant de monnaie internationale de réserve de l'euro.

La situation de la zone euro est aussi totalement opposée de celle des Etats-Unis, or le financement du déficit extérieur (autour de 750 milliards de dollars soit 481 milliards d'euros cette année) implique un recours massif à la vente d'actifs en dollars aux investisseurs non américains, c'est-à-dire l'attraction de l'épargne mondiale vers les Etats-Unis.

Lorsqu'un pays (une région) peut facilement financer un déficit extérieur en s'endettant (c'est-à-dire en vendant des actifs) auprès du reste du monde à un taux d'intérêt faible, puisque les actifs de ce pays sont recherchés, font l'objet d'une forte demande, on dit usuellement qu'il bénéficie "du privilège exorbitant de la monnaie de réserve", expression utilisée (avec jalousie de la part des Européens) pour les Etats-Unis et le dollar dans le passé.

Mais la zone euro bénéficie maintenant aussi du privilège exorbitant de la monnaie de réserve, avec le poids croissant de l'euro dans les portefeuilles internationaux. Seulement elle n'en profite pas pour financer facilement un déficit extérieur, elle subit, à cause de cette situation, une surévaluation de sa devise.

Il paraît donc normal de suggérer que la zone euro devrait utiliser le rôle international croissant de l'euro comme monnaie de réserve pour financer, en émettant sur le marché obligataire international, des projets utiles à sa croissance. Les Etats-Unis ont commis l'erreur depuis trente ans d'utiliser le rôle de monnaie de réserve du dollar pour financer des déficits publics improductifs (baisses d'impôts directs, dépenses militaires...) puis les achats de logement et la consommation des ménages. La contrepartie de leur dette extérieure est donc des dépenses de transferts publics et des dépenses des ménages, pas du capital productif ou des infrastructures.

L'Europe pourrait éviter ce piège en utilisant sa capacité nouvelle à se financer à des conditions favorables auprès du reste du monde pour réaliser des dépenses d'infrastructures publiques, de recherche et d'éducation supérieure, d'investissements dans le capital de PME innovantes. Concrètement, ce projet pourrait prendre la forme d'un programme spécial d'émissions d'obligations en euros de la Banque européenne d'investissements destinées aux non-résidents, calibré en fonction de l'excès de demande d'euros vu plus haut, c'est-à-dire de la hausse observée de la part de l'euro dans les portefeuilles obligataires des investisseurs non européens (c'est-à-dire 300 à 500 milliards d'euros par an en ce moment), et dont le produit serait affecté uniquement à des projets stimulant la croissance à long terme et sélectionnés au niveau européen, afin d'éviter la dérive vers le financement de transferts publics, de dépenses courantes.

L'existence de ce programme réduirait les handicaps de la zone euro (il reste bien sûr à traiter la difficulté du champ : union européenne ou zone euro puisque ce sont les actifs en euros qui font l'objet d'une forte demande) dans les domaines cités plus haut (recherche et développement, enseignement supérieur, espace, transports rapides ou économies en énergie, absence de croissance des PME...) et, faisant apparaître une offre de titres en euros en face de la demande pour ces titres, éviterait l'appréciation tendancielle de l'euro.

Evidemment, cette proposition se heurte au caractère simpliste des règles budgétaires de la zone : la limite de 3 % du PIB pour le déficit public du pacte de stabilité ne prend en compte ni la capacité de financement plus ou moins grande de ce déficit, ni la nature des investissements publics qu'une hausse des émissions publiques en euros permettrait de réaliser, ni bien sûr les effets sur le taux de change.

Les derniers hommes


Je soumets à votre sagacité cette information, reprise par plusieurs médias dont Le Monde :

Une tribu isolée découverte au Brésil (TITRE)

L'une des dernières tribus isolées d'Amazonie a été découverte dans l'ouest du Brésil, non loin de la frontière péruvienne, a annoncé, jeudi 29 mai, la Fundação Nacional do Índio (Fondation nationale des Indiens, Funai). Les indiens ont été aperçu dans une zone protégée, à proximité de la rivière Envira, dans l'Etat de l'Acre.

La Funai dit avoir photographié des guerriers, six huttes et une grande zone cultivée. Mais elle ne sait pas à quel groupe ils appartiennent."Il y a quatre peuples dans cette région, nous les accompagnons depuis 20 ans", a dit Jose Carlos Meirelles Junior, un expert de la Funai.

L'ONG Survival International – qui dénombre une centaine de tribus isolées dans le monde, essentiellement au Brésil et au Pérou – estime que ces indiens sont menacés par la déforestation au Pérou, qui pousse d'autres tribus vers le Brésil et pourrait mener à des conflits. L'ONG appelle à la protection de leur territoire. "Sans cela, ils sont menacés d'extinction."

Qui est isolé ? Eux ou nous ? Dès que l'on commence à parler des autres, nous utilisons dès le premier mot un qualificatif qui impose des valeurs. Ces "pauvres" isolés doivent sans doute être préservés et protégés suggère le commentaire. C'est pour cela que l'on les survole et qu'on les exhibe... peuplade de zoo. L'argument nous semble recevable car leur cause, nous le savons, est perdue, incapables que nous sommes de laisser un espace et la paix à une autre civilisation de cette planète.

"Découverts" ? Là encore que signifie ce gargarisme face à des gens que pour ma part je perçois plutôt comme des créatures poursuivies et acculées.

Derniers ? Que sous-tend ce qualificatif ? Aurions-nous hâte de les gober tous ? Cette présence nous murmure-t-elle qu'après tout nous ne sommes pas si sagouins que cela, puisque de lointains obstinés parviennent encore à échapper à nos griffes ?
Ah oui le pardon... Voyez la planète nous pardonne. Nous pouvons continuer à festoyer entre ultra-riches, valets et gueux.

Et s'il s'agissait là d'hommes déterminés à demeurer des hommes ? Les débusquer n'est-il pas un crime de barbare ?



Survival

Fundação Nacional do Índio

L'article du Monde

Titanic : un nid d'espions ?

Selon des déclaration récentes de l'océanographe américain Robert Ballard qui localisa puis explora l'épave du Titanic le 1er septembre 1985 cette opération fut menée avec les mêmes moyens que ceux qui permirent de localiser deux sous-marins nucléaires de l'US Navy disparus durant la guerre froide.



A la manière dont The Times on line présente les événements à l'occasion de la diffusion prochaine d'un documentaire de National Geographic relatant l'affaire l'exploration du Titanic aurait servi de couverture officielle aux opérations militaires.

En fait Ballard était un spécialiste des moyens techniques d'exploration des grandes profondeurs, notamment par robot sous-marin habité ou guidés à distance. En tant qu'agent technique (accrédité secret défense) puis océanographe il a toujours été en lien sinon sous contrat avec l'US Navy, en Californie ou à Woods Hole.

Cet été 1985, après une campagne à bord du navre français le Suroît il a en effet embarqué à bord du Knorr et mené une mission pour retrouver les reste et analyser la radioactivité des épaves nucléaires du Scorpio et du Tresher.

Cette mission achevée, les moyens du Knorr et notamment le robot sous-marin Argo furent mis à sa disposition durant quelques jours pour la recherche des débris du Titanic,qui furent localisés, éparpillés par 3800 mètres de fond...

Mission confidentielle du Knorr il y eut en effet. De là à dire que ce fut une "couverture", cela exhale une étrange odeur d'opération marketing.




L'article du Times on line
en français sur un blog sous-marin
Wikipédia

Le singe et Dr Frankenstein

Mise en garde. Ces images difficiles à soutenir sont celles d'un animal de laboratoire dont des neurones ont été reliés à des composants électroniques et dont les mouvements naturels sont empêchés pour l'obliger à mettre en mouvement un bras robotisé pour saisir la friandise que l'on lui propose.

Ce travail de l'équipe Motorlab de l'Université de Pittsburgh fait l'objet d'une publication scientifique dans la revue Nature.
Qu'en pensez-vous ?



Je vous épargne la vidéo avec musique techno et commentaire youpla boum de New Scientist
Ici l'article du New York Times

Ballet de martiennes


Cliquer sur l'image pour voir la sonde et l'agrandissement

Une autre incroyable image en provenance de Mars : la descente finale de la sonde polaire Phoenix (Nasa) sous son parachute d'atterrissage, saisie par un autre satellite de la Nasa, Mars Reconnaissance Orbiter, doté de l'instrument Hirise, qui lui se trouve en orbite. L'axe de visée sur ce document est en biais, vers le sol, et l'on voit la zone où Phoenix va se poser dans quelques instants.
On peut découvrir sur le blog des ingénieurs la difficulté de réaliser un tel document.

Crépuscules


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La démarche de Nadia Plesner me semble juste et puissante.

Elle pétrit les images fournies par notre hameau numérique jusqu'à l'écoeurement.

Démontrant en un trait la vacuité de notre signifiant imaginaire (virtuel). Ce continent de mythologies peuplé de non-créatures (qui est Paris Hilton ?) et de non-objets (qu'est la Chine ? Qu'est le Darfour ?) qui à force de s'insinuer par mille fibres optiques au coeur de nos vies façonnent une illusion du monde à la fois fugace et puissante. Evanescente. Une absence à nous-même capable de menacer ce rien de conscience qui conférait un sentiment de réalité à nos sociétés.

Qu'une jeune artiste s'empare de ce sujet me rassure. Une reconstruction de l'apropriation symbolique est en cours.

L'image que j'en ai est celle d'un monde en cendres. Celui de "la Route" de Cormac McCarthy (Ed de l'Olivier). Nos machines-réseaux ont atomisé notre univers symbolique. Nous errons sans repères et sans conscience à travers un monde dévasté. Pour survivre il va falloir reconstruire.

Avec et malgré les machines.

Le "Complot des Papillons": prix des lecteurs

Ce n'est pas l'or tombant comme dates du palmier de Cannes (à l'ombre duquel je tape par ailleurs des mains et des pieds de plaisir de voir notre jeunesse visitée à la manière d'"Entre les Murs").


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Non. Mais figurez-vous qu'il m'arrive qu'une tribu de lecteurs que je ne connais ni d'Eve ni des dents et ayant dévoré quantité de romans me décerne son miam-miam d'or. En clair il s'agit du "prix La Fayette du premier roman" décerné au Complot des papillons.

Patricia, Klara, Sol, Morpho et Loic et encore toutes sortes de créatures de mes plumes à venir s'associent et les remercient.

Remise le 23 juin à Paris.
J'ai parfois boudé des cérémonies.
Mais celle-ci tchin tchin j'y serai.

Mars cinéma et poussières



Mars : nouveau coin polaire

Premières transmissions de la sonde martienne polaire Phoenix
Image JPL-Nasa, fausses couleurs
un plaisantin dirait que l'on distingue un crâne, vers le bas à gauche... Non ? (allusion à la très amusante affaire de Mars face, dans les années 70 et 80)

This image shows a polygonal pattern in the ground near NASA's Phoenix Mars Lander, similar in appearance to icy ground in the arctic regions of Earth.
Phoenix touched down on the Red Planet at 4:53 p.m. Pacific Time (7:53 Eastern Time), May 25, 2008, in an arctic region called Vastitas Borealis, at 68 degrees north latitude, 234 degrees east longitude.
This is an approximate-color image taken shortly after landing by the spacecraft's Surface Stereo Imager, inferred from two color filters, a violet, 450-nanometer filter and an infrared, 750-nanometer filter.
The Phoenix Mission is led by the University of Arizona, Tucson, on behalf of NASA. Project management of the mission is by NASA's Jet Propulsion Laboratory, Pasadena, Calif. Spacecraft development is by Lockheed Martin Space Systems, Denver.

J'ai un faible pour ces tourbillons de poussières filmés par le rover Spirit (je crois)



Et le délicieux souvenir de l'illusion scientifique des "canaux", source du mythe des hommes "verts" :



voir l'affaires des canaux martiens (Schiparelli et Lowell)


Et bien sur les Choniques martiennes (Ray Bradbury)
Avant de s’engager dans les collines bleues, Tomas Gomez s’arrêta pour se ravitailler en essence à la station isolée.
“ Vous vous sentez pas un peu seul dans le coin, papy ? ”
Le vieil homme donna un coup de chiffon au pare-brise de la camionnette. “ pas d’trop.
- Comment vous trouvez Mars, papy ?
- Très bien. Toujours du neuf. Quand je suis venu ici, l’année dernière, j’étais décidé à ne rien attendre, ne rien demander, ne m’étonner de rien. Il faut qu’on oublie la Terre et comment c’était là-bas. Il faut regarder ce qu’on a ici, et à quel point c’est différent. Je m’amuse comme un petit fou rien qu’avec la météo. Une météo vraiment martienne. Une chaleur de tous les diables le jour, un froid de tous les diables la nuit. Je me régale avec les fleurs, différentes, et la pluie, différente elle aussi. Je suis venu sur Mars pour y prendre ma retraite, et pour ça, la retraite, je voulais du changement. Les vieux ont besoin de changement. Les jeunes n’ont pas envie de leur causer, les autres vieux les ennuient à mort. Alors je me suis dit que le mieux pour moi, c’était un endroit tellement différent qu’il n’y aurait qu’à ouvrir les yeux pour avoir de la distraction. J’ai cette station-service. Si les affaires s’emballent, j’irai me réinstaller sur une vieille route moins fréquentée où je pourrai gagner juste de quoi vivre et continuer d’avoir le temps de profiter de tout ce qu’il y a de différent ici.
- Vous avez bien raison, papy ”, dit Tomas, ses mains basanées négligemment posées sur le volant. Il se sentait bien. Il venait de travailler dix jours d’affilée à l’une des nouvelles colonies et saisissait à présent l’occasion de deux jours de congé pour se rendre à une petite fête.
“ Plus rien ne me surprend, dit le vieil homme. Je me contente de regarder. De ressentir. Si on n’est pas capable d’accepter Mars comme elle est, autant retourner sur la Terre. Tout est fou ici, le sol, l’air, les canaux, les indigènes (j’en ai encore jamais vu, mais il paraît qu’il y en a encore dans les environs), les horloges. Même celle que j’ai se comporte bizarrement. Même le temps est fou ici. Des fois, j’ai l’impression d’être tout seul ici, sans personne d’autre sur toute cette fichue planète. J’en mettrais ma main à couper. Des fois, j’ai l’impression d’avoir huit ans, d’avoir rapetissé et de tout trouver grand. Bon sang, c’est l’endroit rêvé pour un vieux. Ici, je suis toujours gaillard et content. Vous savez ce qu’est Mars ? C’est comme un truc que j’ai eu à Noël il y a de ça soixante-dix ans - j’sais pas si vous en avez jamais eu un - on appelait ça un kaléidoscope, des cristaux, des morceaux de tissus, des perles et de la verroterie. On tournait ça vers le jour, on regardait dedans et c’était à couper le souffle. Tous ces motifs ! Eh bien, c’est Mars. Profitez-en. Ne lui demandez rien d’autre que ce qu’elle est. Bon sang, vous savez que cette route, là, a été construite par les Martiens il y a plus d’une quinzaine de siècles et qu’elle est toujours en bon état ? Ca fait un dollar cinquante, merci et bonne nuit. ”
Tomas reprit la vieille route avec un petit rire de gorge.

Il avait un long trajet à faire dans les collines et l’obscurité, et il ne lâchait pas le volant, sauf de temps en temps, pour prendre une sucrerie dans malette-repas. Il roulait depuis une heure ; pas une seule voiture ni la moindre lumière à l’horizon, rien que la route qui s’engouffrait sous le capot, le ronronnement du moteur, et Mars dehors, si calme. Mars était toujours calme, mais plus particulièrement cette nuit-là. Les déserts et les mers vides défilaient sur les côtés, et les montagnes de même, sur fond de ciel étoilé.
Il y avait dans l’air comme un odeur de Temps. Il sourit et retourna cette drôle d’idée dans sa tête. Il y avait là quelque chose à creuser. A quoi pouvait bien ressembler l’odeur du Temps ? A celle de la poussière, des horloges et des gens. Et si on se demandait quel sorte de bruit faisait le Temps, ce ne pouvait qu’être celui de l’eau ruisselant dans une grotte obscure, des pleurs, de la terre tombant sur des couvercles de boîtes aux échos caverneux, de la pluie. Et en allant plus loin, quel aspect présentait le Temps ? Le Temps était de la neige en train de tomber silencieusement dans une pièce plongée dans le noir, ou un film muet dans un cinéma d’autrefois, des milliards de visages dégringolant comme ces ballons du Nouvel An, sombrant, s’abîmant dans le néant. Tels étaient l’odeur, le bruit et l’aspect du Temps. Et ce soir - Tomas plongea une main dans le vent à l’extérieur de la camionnette - ce soir, on pouvait presque toucher le Temps.
Il roulait entre des collines de Temps. Il en éprouva des picotements sur la nuque et se carra dans son siège, fixant son regard sur la route.
Il s’arrêta en plein milieu d’une bourgade morte, coupa le moteur et s’abandonna au silence environnant. Retenant sa respiration, il regardait les constructions blanches dans le clair de lune. Inhabitées depuis des siècles. Parfaites, sans défaut, en ruine, certes, mais néanmoins parfaites.
Il remit le moteur en marche et fit encore deux ou trois kilomètres avant de s’arrêter de nouveau. Sa malette-repas à la main, il mit pied à terre et grimpa sur un petit promontoire d'où l’on dominait la cité poudreuse. Il ouvrit son thermos et se versa une tasse de café. Un oiseau de nuit passa. Tomas était pénétré d’un profond sentiment de bien-être et de paix.
Peut-être cinq minutes plus tard, il entendit un bruit. Là-bas, dans les collines, là où la vieille route s’incurvait, il perçut un mouvement, une faible lueur, puis un murmure.
Il pivota lentement sans lâcher sa tasse.
Et une étrange chose sortit des collines.
C’était une machine pareille à un insecte vert jade, à une mante religieuse, qui filait en douceur dans l’air froid, indistincte, constellées de diamants vert clignotants et de rubis qui scintillaient comme autant d’yeux à facettes. Ses six pattes se posèrent sur la vieille route avec un bruit d’ondée qui se calme progressivement, et de l’arrière de la machine un Martien aux yeux d’or fondu regarda Tomas comme s’il se penchait au-dessus d’un puits.
Tomas leva la main et pensa automatiquement : “ Salut ! ” mais sans remuer les lèvres, car c’était là un Martien. Mais Tomas s’était baigné dans rivières bleues sur la Terre, le long des routes où passaient des étrangers, s’était restauré dans des maisons inconnues en compagnie d’inconnus, et sa seule arme avait toujours été son sourire. Il ne portait pas de pistolet. Et n’en éprouvait pas le besoin en cet instant, même avec la légère angoisse qui lui pinçait le cœur.
Le Martien avait lui aussi les mains vides. Ils se dévisagèrent un certain temps dans l’air frisquet.
Ce fut Tomas qui fit le premier mouvement.
“ Salut ! lança-t-il.
- Salut ! ” lança le Martien dans sa propre langue.
Ils ne se comprirent point.
“ Vous avez dit salut ? demandèrent-ils en même temps.
- Qu’est-ce que vous avez dit ? ” firent-ils, chacun dans une langue différente.
Ils se renfrognèrent.
“ Qui êtes-vous ? interrogea Tomas dans sa langue.
- Qu’est-ce que vous faites ici ? ” En martien ; les lèvres de l’étranger bougeaient.
“ Où allez-vous ? ” demandèrent-ils ensemble. Et ils parurent tout désorientés.
“ Je m’appelle Tomas Gomez.
- Je m’appelle Muhe Ca. ”
Ni l’un ni l’autre ne comprit, mais ils avaient accompagné leurs paroles d’une petite tape sur leur poitrine et tout devint clair.
Alors le Martien éclata de rire. “ Attendez ! ” Tomas eut l’impression qu’on lui touchait la tête, mais nulle main ne l’avait touché. “ Là ! dit le Martien dans la langue de Tomas. C’est mieux comme ça !
- Avec quelle vitesse vous avez appris ma langue !
- Un jeu d’enfant ! ”
Gênés par un nouveau silence, ils regardèrent le café qui n’avait pas quitté la main de Tomas.
“ Nouveau ? ” dit le martien en lorgnant Tomas et le café – et en se référant peut-être aux deux.
“ Puis-je vous offrir quelque chose à boire ? proposa Tomas.
- Volontiers. ”
Le Martien glissa à bas de sa machine.
Une deuxième tasse fut produite et remplie de café fumant. Tomas la tendit.
Leurs mains se rencontrèrent et – comme de la brume – se traversèrent.
“ Bon sang ! ” s’écria Tomas. Et il lâcha la tasse.
“ Par tous les dieux ! s’exclama le Martien dans sa propre langue.
- Vous avez vu ça ? ” murmurèrent-ils ensemble.
Ils étaient soudain glacés de terreur.
Le martien se baissa pour toucher la tasse mais n’y parvint pas.
“ Sapristi ! fit Tomas.
- C’est le mot. ” Le Martien essaya encore et encore de saisir la tasse. Peine perdue. Il se redressa, réfléchit un moment, puis tira un couteau de sa ceinture.
“ Hé là ! ” cria Tomas.
- Vous vous méprenez, attrapez ! ” Et le Martien lui lança le couteau. Tomas mit ses mains en coupe. Le couteau tomba à travers la chair et heurta le sol. Tomas se baissa pour le ramasser, mais il ne parvint pas à le toucher. Il recula, parcouru de frissons.
Il regarda alors le Martien qui se découpait sur le ciel.
“ Les étoiles ! dit-il.
- Les étoiles ! ” dit le Martien en regardant Tomas à son tour.
Les étoiles étaient visibles, nettes et blanches, à travers la chair du Martien, dans laquelle elles semblaient cousues telles des paillettes en suspension dans la fine membrane phosphorescente de quelque créature marine gélatineuse. On les voyait scintiller comme des yeux violets dans le ventre et la poitrine du Martien et comme des bijoux à travers ses poignets.
“ Je vois à travers vous ! dit Tomas.
- Et moi à travers vous ! ” dit le Martien en reculant d’un pas.
Tomas tâta son propre corps et, percevant sa chaleur, se sentit rassuré. Je suis bien réel, se dit-il.
Le Martien se toucha le nez et les lèvres. “ Je sens ma chair, dit-il presque à haute voix. Je suis vivant. ”
Tomas regarda fixement l’étranger. “ Et si je suis réel, c’est que vous devez être mort.
- Non, vous !
- Un spectre !
- Un fantôme ! ”
Ils se désignèrent mutuellement du doigt, la lumière des étoiles constellant leurs membres comme autant de dagues, de glaçons et de lucioles. Puis ils se remirent à examiner leur corps, et chacun de se trouver intact, brûlant, en émoi, stupéfait, intimidé, alors que l’autre – ah oui, cet autre, là – était dépourvu de réalité, ne pouvait être qu’un prisme fantomatique réfléchissant la lumière accumulée de mondes lointains.
Je suis ivre, se dit Tomas. Ne surtout pas parler de tout ça à quelqu’un demain, oh, non !
Ils se tenaient sur la vieille route, aussi immobiles l’un que l’autre.
“ D’où venez-vous ? demanda enfin le Martien.
- De la Terre.
- Qu’est-ce que c’est que ça ?
- C’est là-bas, précisa Tomas avec un mouvement de tête vers le ciel.
- Quand ?
- On a débarqué ici il y a un peu plus d’un an, vous vous souvenez ?
- Non.
- Et vous étiez tous morts, à quelques exceptions près. Vous êtes devenus une rareté, vous ne savez pas ça ?
- Ce n’est pas vrai.
- Si, morts. J’ai vu les corps. Tout noirs, dans les pièces, dans les maisons, morts. Par milliers.
- C’est ridicule. Nous sommes vivants !
- Vous vous êtes fait envahir, mon vieux, seulement vous l’ignorez. Vous devez être un rescapé.
- Je ne suis pas un rescapé ; rescapé de quoi, d’abord ? Là, je vais à un festival sur le canal, près des monts Eniall. J’y étais hier soir. Vous ne voyez pas la cité là-bas ? ” Le Martien la désigna du doigt.
Tomas regarda et ne vit que les ruines. “ Allons, cette ville est morte depuis des milliers d’années. ”
Le Martien s’esclaffa. “ Morte. J’y ai dormi hier !
- Et moi j’y suis passé la semaine dernière et la semaine d’avant, et je viens juste de la traverser, et c’est un tas de ruines. Vous voyez ces colonnes brisées ?
- Brisées ? Enfin, je les vois très bien. Surtout avec le clair de lune. Et ces colonnes sont debout.
- Les rues sont pleines de poussière.
- Les rues sont propres !
- Les canaux sont à sec.
- Les canaux sont pleins de vin de lavande !
- Tout ça est mort.
- Tout ça est vivant ! protesta le Martien en riant de plus belle. Vous vous trompez complètement. Vous ne voyez pas toutes ces lumières de carnaval ? Il y a de superbes bateaux sveltes comme des femmes, de superbes femmes sveltes comme des bateaux, des femmes couleur de sable, des femmes avec des fleurs de feu dans les mains. Je les vois d’ici, toutes petites, en train de courir dans les rues.
“ C’est là que je me rends ce soir, au festival ; on va passer toute la nuit sur l’eau ; on va chanter, on va boire, on va faire l’amour. Vous ne voyez pas ?
- Cette ville est aussi morte qu’un lézard desséché, mon vieux. Demandez à n’importe lequel d’entre nous. Moi, ce soir, je vais à Verteville ; c’est la nouvelle colonie qu’on vient juste de bâtir là-bas, près de la route de l’Illinois. Vous vous emmêlez les pédales. On a importé quelque trois cent kilomètres de planches de l’Oregon, deux douzaine de tonnes de bons clous d’acier, et construit avec ça deux des plus jolis villages qu’on ait jamais vus. Ce soir on en inaugure un. Deux fusées viennent d’arriver de la Terre avec nos femmes et nos petites amies. On va danser la gigue, boire du whisky… ”
Le Martien avait perdu de son aplomb. “ Là-bas, dites-vous ?
- Tenez, voilà les fusées. ” Tomas l’emmena au bord du surplomb rocheux et désigna la vallée du doigt. Vous voyez ?
- Non.
- Bon Dieu, elles sont pourtant là ! Ces longues formes argentés.
- Non. ”
Ce fut au tour de Tomas de s’esclaffer. “ Vous êtes aveugle !
- Je vois très bien. C’est vous qui ne voyez pas.
- Mais vous voyez la nouvelle ville, non ?
- Je ne vois qu’un océan et des eaux à marée basse.
- Il y a quarante siècles que ces eaux se sont évaporées, mon vieux.
- Bon, maintenant, ça suffit !
- C’est la vérité, je vous le garantis. ”
Le martien prit un air extrêmement sérieux. “ Redites-moi ça. Vous ne voyez pas la cité telle que je la décris ? Les colonnes si blanches, les bateaux si sveltes, les lumières du festival… oh, moi, je les vois très bien ! Et prêtez l’oreille ! J’entends des gens chanter. C’est là, tout près. ”
Tomas écouta et secoua la tête. “ Non.
- Et de mon côté, reprit le Martien, je ne vois pas ce que vous décrivez. Nous voilà bien. ”
Une fois de plus, ils étaient transis. Leur chair se transformait en glace.
“ Se pourrait-il… ?
- Quoi ?
- Vous dites “ du ciel ” ?
- De la Terre.
- La Terre, un nom, rien. Mais… en arrivant au sommet du col tout à l’heure… ” Il se toucha la nuque. “ J’ai eu une impression de …
- Froid ?
- Oui.
- Et maintenant ?
- Ca recommence. Une sensation bizarre. Il y avait je ne sais quoi dans la lumière, les collines, la route. Quelque chose d’étrange que j’ai ressenti, la route, la lumière, et j’ai eu un instant l’impression d’être le dernier homme vivant en ce monde…
- Moi aussi ! ” s’écria Tomas, qui aurait soudain pu se croire en train de parler à un vieil ami, de se confier, de se laisser emporter dans le feu de la conversation.
Le Martien ferma les yeux et les rouvrit. “ Je ne vois qu’une seule explication. Ca a à voir avec le Temps. Oui. Vous êtes une vision du Passé !
- Non, c’est vous qui venez du Passé ”, dit le Terrien, qui avait eu le temps de retourner la question dans sa tête.
“ Vous êtes bien sûr de vous. Comment pouvez-vous prouver qui vient du Passé, qui vient du Futur ? En quelle année sommes-nous ?
- En 2033 !
- Qu’est-ce que cela signifie pour moi ? ”
Tomas réfléchit et haussa les épaules. “ Rien.
- C’est comme si je vous disais que l’on est en 4 462 853 S.E.C. Ce n’est rien et ce n’est pas rien ! Où est l’horloge qui va nous montrer quelle est la position des étoiles ?
- Mais les ruines le prouvent ! Elles prouvent que je représente le futur, que je suis vivant et vous mort !
- Tout en moi affirme le contraire. Mon cœur bat, mon ventre a faim, ma bouche a soif. Non, non, l’un comme l’autre, nous ne sommes ni morts ni vivants. Plutôt vivants, quand même. Plus exactement, entre les deux. Deux étrangers qui passent dans la nuit, voilà tout. Deux étrangers qui passent. Des ruines, dites-vous ?
- Oui. Cela vous fait peur ?
- Qui a envie de voir le Futur, est-ce seulement imaginable ? On peut faire face au passé, mais songer… les colonnes écroulées, dites-vous ? Et la mer vide, les canaux à sec, les jeunes filles mortes, les fleurs flétries ? ” Le Martien se tut, puis il regarda devant lui. “ Mais tout ça est là. Je le vois. N’est-ce pas suffisant pour moi ? Tout ça m’attend, peu importe ce que vous pouvez dire. ”
Tomas, lui, était attendu par les fusées, là-bas, par la ville et les femmes de la Terre. “ Impossible de se mettre d’accord, dit-il.
- Alors soyons d’accord sur notre désaccord. Peu importe qui représente le passé ou le Futur, si nous sommes tous deux vivants, car ce qui doit suivre suivra, demain ou dans dix mille ans. Qu’est-ce qui vous assure que ces temples ne sont pas ceux de votre propre civilisation d’ici une centaine de siècles, en ruine, brisés ? Vous n’en savez rien. Alors ne vous posez pas de questions. Mais la nuit est courte. Voilà les feux du festival qui montent dans le ciel, et les oiseaux. ”
Tomas tendit sa main. Le Martien l’imita.
Leurs mains ne se touchèrent point ; elles s’interpénétrèrent.
“ Nous reverrons-nous ?
- Qui sait ? Peut-être une autre nuit.
- J’aimerais vous accompagner à ce festival.
- Et j’aimerais pouvoir me rendre à votre ville nouvelle, voir ce vaisseau dont vous parlez, voir ces hommes, apprendre tout ce qui s’est passé.
- Au revoir, dit Tomas.
- Bonne nuit. ”
Le Martien réintégra son véhicule de métal vert et s’éloigna en douceur dans les collines. Le Terrien fit faire demi-tour à sa camionnette et prit discrètement la direction opposée.
“ Seigneur Dieu, quel rêve ”, soupira Tomas, les mains sur le volant, songeant aux fusées, aux femmes, au bon whisky artisanal, aux danses de Virginie, à la fête.
Quelle étrange vision, se disait le Martien lancé à toute vitesse, songeant au festival, aux canaux, aux bateaux, aux femmes aux yeux d’or, aux chansons.
La nuit était sombre. Les lunes s’étaient couchées. Les étoiles scintillaient sur la route vide où il n’y avait plus un bruit, plus de voiture, plus personne, plus rien. Et qui demeura ainsi, dans le noir et la froidure, tout le reste de la nuit.




Un cheval sur la langue

Horreur, malheur, le cerveau "manipulé"
La vidéo est en shakespearien...



sources :
blog cortex
Wikipédia (français)

La stimulation magnétique transcranienne (ou TMS, abréviation de l'anglais Transcranial Magnetic Stimulation) est une technique médicale utilisée dans le diagnostic des maladies neurologiques, comme outil d'investigation scientifique en neurosciences et comme traitement clinique dans certaines affections psychiatriques. Elle consiste à appliquer une impulsion magnétique sur le cerveau à travers le crâne de façon indolore en plaçant une bobine à la surface de la tête. Ces champs magnétiques induisent un champ électrique qui modifie donc l'activité des neurones situés dans le champ magnétique de la TMS. Une utilisation courante de la TMS est la stimulation dite répétitive (rTMS) qui consiste à émettre une série d'impulsions pendant un intervalle de temps donné de façon à modifier sensiblement l'activité de la région visée.
On peut contrôler l'intensité de la stimulation, la région cérébrale à stimuler, la fréquence des trains d'impulsions délivrées. Une fréquence inférieure à 1 Hz est supposée avoir un effet inhibiteur sur les neurones visés. Supérieure à 3 Hz, elle serait excitatrice.

en anglais
Transcranial magnetic stimulation (TMS) is a noninvasive method to excite neurons in the brain: weak electric currents are induced in the tissue by rapidly changing magnetic fields (electromagnetic induction). This way, brain activity can be triggered with minimal discomfort, and the functionality of the circuitry and connectivity of the brain can be studied.

Eclairs de cendres


Ce document exceptionnel, une photo prise par Carlos Gutierrez de l'agence UPI de l'éruption actuelle du volcan chilien Chaiten (Patagonie).
(haute résolution en cliquant sur l'image)

Les éclairs dans les nuage sont bien réels.

L'éclair est un phénomène énergétique (des dizaines de milliers de mégawatts), lié à l'apparition dans une masse nuageuse de charges électriques opposées, séparées par des différences de potentiel de l'ordre de plusieurs dizaines de millions de volts, au moins. La présence de nuages et d'éléments chimiques et de poussières en mouvement vertical de grande amplitude permet l'apparition et l'agrégation de ces charges colossales. Nuages de glace et d'eau, nuages volcaniques et nuages d'incendies géants...



image NASA

La contagion de la révolution (française)




Il s'agit des époques où la "révolution" du système métrique (ou S.I. aujourd'hui : le mètre, le kilogramme, la seconde, l'ampère, le kelvin, la mole et la candela) fut adopté en différentes contrées
Source
L'éclairé rationalisme des Lumières aurait donc emporté la partie et contaminé le monde entier ?

Désolé pas tout à fait.
Des poètes ? Des obstinés Quelques villageois ici et là résistent.

(étasuniens, libériens, myanmariens : cherchez la cause ou l'erreur de ces fétichistes des pieds pouces et autres gallons)

Panique en orbite


(cliquer sur l'image pour se régaler)

La représentation est exagérée. A l'échelle les débris spatiaux de basse altitude sont figurés "gros comme Manhattan". Mais tout de même ! A quand une carte des océans avec le suivi des sacs en plastique, conteneurs et autres saloperies jetés à l'eau ?

Space debris: evolution in pictures
Source : ESA

Between the launch of Sputnik on 4 October 1957 and 1 January 2008, approximately 4600 launches have placed some 6000 satellites into orbit, of which about 400 are travelling beyond geostationary orbit or on interplanetary trajectories.

Today, it is estimated that only 800 satellites are operational - roughly 45 percent of these are both in LEO and GEO. Space debris comprise the ever-increasing amount of inactive space hardware in orbit around the Earth as well as fragments of spacecraft that have broken up, exploded or otherwise become abandoned. About 50 percent of all trackable objects are due to in-orbit explosion events (about 200) or collision events (less than 10).

Mange moi mange moi

La destruction de la nature coûte 2.000 milliards d'euros par an au monde, selon une étude qui doit être lundi présentée à la conférence de l'ONU sur la biodiversité à Vienne.

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Chaque année, la disparition d'espèces animales et végétales coûte 6% du Produit national brut (PNB) mondial, soit 2.000 milliards d'euros, selon l'enquête "The Economics of Ecosystems and Biodiversity" ("L'économie des systèmes écologiques et de la biodiversité").

Initiée par l'Union européenne et le ministre allemand de l'Environnement Sigmar Gabriel, l'étude doit être publiée lors de l'ouverture de la 9ème Conférence des signataires de la Convention sur la diversité biologique (CBD) à Bonn (ouest de l'Allemagne).

"Les pauvres du monde portent la charge la plus lourde," écrit le responsable de l'étude, Pavan Sukhd. Ainsi, dans les pays pauvres, la perte de biodiversité représente chaque année la moitié de leurs richesses économiques selon Sukhdev, un haut responsable de la Deutsche Bank en Inde.

Thème de la conférence, la déforestation dans le monde, outre de favoriser l'extinction des espèces, est responsable de 20% des émissions de dioxyde de carbone (CO2), soit davantage que toutes les industries de transport, selon les experts.

Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70% des plantes sont menacés de disparition sur terre, selon une liste rouge publiée par l'Union mondiale pour la nature (UICN) le 12 septembre dernier.

Passons sur la discussion de ce "chiffrage". Il est contestable, comme toute quantification.
Je vous propose en revanche de la rapprocher de cet autre chiffre contestable :

Le taux de croissance du PIB mondial est tombé de 3,9 % en 2006 à 3,6 % en 2007
Source : banque mondiale (PIB et PNB sont équivalent à l'échelle planétaire)

Faisons faire les imbéciles à ces chiffres stupides pour établir le calcul que ferait n'importe quel(le) chef de famille.
3,9 % de "gain" et 6 % de "pertes".

Si l'on intégre le bilan "naturel" le monde n'est donc pas en croissance mais en récession de près de 2 % par an.
Cela dure depuis que nous massacrons cette planète à grande échelle, hypnotisés par ces chiffres imbéciles que sont PIB et PNB. Tels des canards sans tête les humains courent en tous sens en cancanant : "la croissance, la croissance !"

Ulysse et les gros cochons

Qu'aperçoit Ulysse au-delà de l'horizon ?

La flotte d'Ithaque est sur le retour. L'armée et son roi vainqueur sont poursuivis par la colère d'Athéna. Expiant d'orient en occident les crimes de leurs succès contre Troie. Ils doivent apprendre que tout n'appartient pas aux hommes et que victoire n'est pas bain de sang.

Il y a cette cinquième étape de l'Odyssée. Après avoir perdu tous les navires de son escadre hormis le sien Ulysse parvient sur les rives de l'île d'Aea. A peine la nef à l'abri, des marins chassent et tuent de manière sanglante un magnifique cerf dont ils font leur repas.

Vingt hommes partent en éclaireurs. Ils réalisent alors que sur cette terre boisée et accueillante les animaux se laissent approcher et caresser. La nature s'offre tant qu'ils ressentent que dans ce monde à l'envers eux sont des fauves et les créatures sauvages d'innocents sacrifiés. Le trouble naît en eux.

Au terme de leur marche ils découvrent la demeure de la divine Circé. La fille d'Helios (le soleil) et de la nymphe Persée, descendante des Titans, petite fille du Ciel (Ouranos) et de la Terre (Gaïa) est présentée comme la maîtresse des philtres et des transmutations. Elle est l'incarnation de la connaissance. De ces savoirs la magicienne va user pour servir aux Grecs la plus étrange leçon de leur périple.

Pour commencer elle leur fait avaler une potion qui transforme les éclaireurs en pourceaux. Une autre lecture propose que les soldats aux sens enfiévrés se ruent sur les servantes du palais (se roulent dans la fange, les violents ?). Oubliant leurs épouses d'Ithaque ils se comportent en porcs.

L'un s'échappe et court prévenir Ulysse.

Enfermés, nourris, traités par Circé comme des cochons les grecs sont désormais incapables d'endiguer leurs désirs à l'égard de ces femmes idéales. Le jeu est à double sens. Si les hommes sont incapables de résister à leurs destructrices et avilissantes pulsions, Circé ne dispose que de cette arme pour retenir des mâles auprès d'elle : tout le pouvoir de l'univers ne vous offre donc que de vivre entourée de cochons si vous trompez ceux que vous souhaitez charmer.

Le roi accourt. En chemin Ulysse rencontre Hermès qui le met en garde et lui confie la moly une herbe qui lui évitera de devenir porc (de perdre sa conscience d'humain sous les tours de la déesse).

Ulysse arrive, s'installe sur un siège doré du palais, parle, plaisante avec la rouée séductrice. Il consomme la potion. A la surprise de Circé il ne se transforme pas en porc. (Il se laisse charmer mais garde la tête froide). Le philtre de la magicienne est impuissant à le transformer (il conserve son libre arbitre, ne devient pas animal). Circé le reconnaît alors comme Ulysse et un étrange dialogue amoureux s'instaure à propos de ce qui grandit les hommes.

Le regretté Jean-Pierre Vernant (helléniste, titulaire de la chaire du Collège de France) soulignait que si Circé fait ainsi de tous les mâles qui l'approchent des porcs (au sens propre et figuré, au sens sexuel et au sens de leur rapport avec l'ordre naturel du monde) c'est qu'elle doit pour les tenir sans fin auprès d'elle leur faire oublier qu'ils furent des hommes. Ainsi livrés à leurs pulsions (ayant brisé l'harmonie divine) ils sont pris au piège (perte de leur libre arbitre) et ne peuvent quitter l'île.

Au-delà du stratagème que nous dit Circé ? Qu'elle connaît les âmes. Il est aisé pour elle d'abuser, de perdre les hommes. Mais qui sont-ils alors si la faute (tuerie du cerf, destruction sans retenue de l'harmonie de la nature offerte, viol des servantes) leur est si facile qui les met plus bas que les pourceaux ?

Et bien malgré tout, malgré leur chute ils demeurent des hommes.

Après l'égarement Circé à la demande d'Ulysse va en effet leur rendre leur liberté. Et cette renaissance (remords, prise de conscience d'une philosophie naturelle) à la condition humaine va faire de ces naïfs des hommes bien plus lucides qu'auparavant.

Désir, luxure, ignorance, destruction : la nature pardonne donc ? Oui. Si les égarés se déclarent humains en exprimant leur désir de s'amender.

Ce qui fait l'homme ? Cette lueur qui même dans les moments les plus sombres persiste en lui.



Et nous arrivâmes à l'île d'Aiaé ;
là vivait Circé aux belles boucles, la terrible déesse
à la voix humaine, soeur d'Aiétès aux cruelles pensées ;
tous deux étaient nés d'Hélios, qui donne la lumière aux mortels,
et avaient pour mère Persé, qu'Océanos avait eue comme enfant.
Homère, Odyssée, X, 135-139

Bling bling blabla bye bye

Le ding ding fut sonné par Robert Solé (dans Le Monde du 7 mai) :

Cela fait des semaines que l'on analyse, évalue et commente les douze premiers mois de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Tout a été dit sur la saison 1 de ce grand feuilleton télévisé. Mais comme il faut encore en parler, des trésors d'imagination sont dépensés. Ainsi, pour François Hollande, premier secrétaire du PS, Nicolas Sarkozy "est passé d'une présidence bling-bling à une présidence couac-couac".




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Cette remarque très éclairante contribue à hausser le niveau du discours politique, tout en le musclant. Fini le ronron. C'est un François Hollande boum-boum qui occupe le terrain, en songeant sans doute comment il se comporterait lui-même en 2012. Surtout pas de froufrou, genre soirée au Fouquet's, pour faire glouglou avec les copains. Car l'histoire frappe à la porte, toc-toc. Ne pas perdre de temps : relancer tout de suite la machine économique, vroum-vroum. Sinon, bonjour les pleurs de vos électeurs, snif-snif, et les moqueries des opposants, wouaf-waouaf. Il faut aller vite, tagada-tagada, avec un peu de mise en scène, tsoin-tsoin, pour bien communiquer. Mais, surtout, prendre les Français pour des adultes, areu-areu.



Je vous propose chers doudous de rendre hommage à ces drôles de zozos qui peuplent si bien notre langue lorsqu'elle passe en mode cucu. Sans oublier que la fonction première du babil à bébé est de rendre le monde accessible mon coco.

(a)dada
agar-agar
ahah
ami-ami
areu-areu

baba
barbar(e)
bébé
béri-béri
berber(e)
bibi
bien bien
bip-bip
bla-bla
bling-bling
bobo
bonbon
bon bon
boubou
boui-boui
boum-boum
bozo-bozo
bubu
bye bye
bzz bzz


caca
cache-cache
cancan
chichi
chouchou
chow-chow
clac clac
coco
coin coin
concon
coucou
coupe-coupe
couscous
cracra
crac-crac
croc-croc
crincrin
cucu
cui-cui

dada
daï-daï
dare-dare
dodo
doing doing
dondon
dong dong
doudou
didi
ding ding
dring dring
dudu
dum-dum
dur dur

ebe
et ron et ron
et tout et tout

fech-fech
fel-fel
fifi
fifty fifty
fissa-fissa
floc floc
flonflon
froufrou
fute-fute


gaga
glagla
glouglou
gnangnan
gogo
grigri
guili-guili

haha
héhé
hihi
hoho
houuuu houuuu
huhu

ilang-ilang

jaja
jojo

kaï-kaï
kiki
kif-kif

lala
leuleu (à la queue)
lolo
loulou
lulu

mama
mémé
miam miam
mieux-mieux
mimi
minou-minou
moite-moite
mollo-mollo
murmur(e)


nana
nafnaf
néné
neuneu
nini
nono

olé olé
oui-oui
ouin ouin

papa
panpan
passe-passe
pépé
pépée
piou-piou
pipi
pil-pil
pili-pili
plan-plan
popo
poo-poo
pompom
pom pom pom pom
pompon
poupou
pouet-pouet
pouf pouf
poutou-poutou
pousse-pousse

quatre-quatre

roro
ronron

sapiens sapiens
snif-snif
sol-sol
sousou

tac tac
tagada-tagada
tata
tâta
tchintchin
tchou-tchou
tentant
teuf-teuf
titi
tiens tiens
tintin
tire-tire
tora tora tora (7 déc 1941)
totaux
toto
toctoc
toutou
touche-touche
train train
trou-trou
tsé-tsé
tsss tsss
tsoin tsoin
tutu

ubu
ukulélé

vroum-vroum

wawa
wha-wha


yéyé
ylang-ylang (aussi)
yo-yo
youyou

zaza
zizi
zinzin
zozo




Evaporation du monde

Affaiblissement et mise sous tutelle financière des médias d'information. Pour ceux qui ne distingueraient plus très bien dans la nuit les lueurs avantageuses d'une presse libre, indépendante des puissances d'argent et des groupes de pression politiques ou cultuels, quelques éléments relatifs aux théories du Complot.
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(post reprenant des éléments de Wikipédia et du documentaire de Barbara Necek "La Vérité est ailleurs" diffusé ce soir sur Arte à propos de l'histoire de la fabrication du faux Protocole des sages de Sion)

Le Dialogue aux enfers entre Machiavel & Montesquieu fut publié en 1864 à Bruxelles chez A. Mertens et fils. Oeuvre de Maurice Joly , ce pamphlet anti Napoléon III fut élaboré pour contourner une presse "aux ordres" du Prince. Il servit également de modèle au plus incroyable faux de l'histoire, l'antisémite "Protocole des sages de Sion". Dans ce misérable plagiat commis à Paris par Mathieu Golovinski en 1902 le complot du despote devient un complot sioniste mondial visant à la ruine du monde non-Juif. Après le Tsar ce texte inspira Hitler et circule toujours, étant pris en référence dans les textes anti Juifs à travers le monde musulman, et se trouve en libre consultation dans les librairies orthodoxes à travers la Russie.

Dans le Dialogue Machiavel et Montesquieu devisent aux enfers, échangent quelques propos sur la politique et la façon la plus efficace pour quelques hommes - toute considération morale écartée - d’acquérir et de conserver le pouvoir (thème classique du Prince), mettant des hommes de paille aux places clé de la société.

Montesquieu, conformément à son rôle historique, met l’accent sur la séparation des pouvoirs, l'État de droit, la souveraineté de la nation, mais Machiavel retourne à chaque fois ses arguments pour montrer comment ces notions nobles peuvent être détournées au service d'un homme, Napoléon III.

A propos des journaux (soumis à Napoléon III)
« [...] A l'aide du dévouement occulte de ces feuilles publiques, je puis dire que je dirige à mon gré l'opinion dans toutes les questions de politique intérieure ou extérieure. J'excite ou j'endors les esprits, je les rassure ou je les déconcerte, je plaide le pour et le contre, le vrai et le faux. Je fais annoncer un fait et je le fais démentir suivant les circonstances ; je sonde ainsi la pensée publique, je recueille l'impression produite, j'essaie des combinaisons, des projets, des déterminations soudaines, enfin ce que vous appelez, en France, des ballons d'essai. Je combats à mon gré mes ennemis sans jamais compromettre mon pouvoir, car, après avoir fait parler ces feuilles, je puis leur infliger, au besoin, les désaveux les plus énergiques ; je sollicite l'opinion à de certaines résolutions, je la pousse ou je la retiens, j'ai toujours le doigt sur ses pulsations, elle reflète, sans le savoir, mes impressions personnelles, et elle s'émerveille parfois d'être si constamment d'accord avec son souverain. On dit alors que j'ai la fibre populaire, qu'il y a une sympathie secrète et mystérieuse qui m'unit aux mouvements de mon peuple. »
Pour cela, il faut imposer aux journaux un droit de relecture, ce qui passera pour une censure honnête, et déjouera les accusation de complot et d'hypocrisie :

« [...] J'obligerai les journaux à accueillir en tête de leurs colonnes les rectifications que le gouvernement leur communiquera ; les agents de l'administration leur feront passer des notes dans lesquelles on leur dira catégoriquement : Vous avez avancé tel fait, il n'est pas exact ; vous vous êtes permis telle critique, vous avez été injuste, vous avez été inconvenant, vous avez eu tort, tenez-vous-le pour dit. Ce sera, comme vous le voyez, une censure loyale et à ciel ouvert. [...] et tandis qu'on se disputera, qu'on donnera les interprétations les plus diverses à mes actes, mon gouvernement pourra toujours répondre à tous et à chacun : Vous vous trompez sur mes intentions, vous avez mal lu mes déclarations ; je n'ai jamais voulu dire que ceci ou que cela. »

« Les hommes aspirent tous à la domination, et il n'en est point qui ne fût oppresseur, s'il le pouvait ; tous ou presque tous sont prêts à sacrifier les droits d'autrui à leurs intérêts » (Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu)

Voici un extrait des Protocoles des Sages de Sion s'inspirant directement de ce passage :
« Tout homme a soif du pouvoir : chacun aimerait à être un dictateur si seulement il le pouvait, et bien rares sont ceux qui ne consentiraient pas à sacrifier le bien-être d’autrui pour atteindre leurs buts personnels » (Protocoles des Sages de Sion)

Pour ce nauséabond Protocole, on trouvera la matière sur Wikipédia.
Ou par ICI

Bleu

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Tunisie. Descente d'avion.
Président à celle qui l'accompagne :
- Tu as vu Carlita ? Le ciel est bleu
- Oui bleu.
- C'est extra, mais quel bleu.
Sourires de circonstance.

La proximité du pouvoir et des caméras parfois rend le mensonge aux foules et aux regards. Ne dirait-on du Faulkner, tant il suffit dans cet instant de tendre la main pour sentir couler l'irréalité du monde ?

L'élu resta là emmuré avec soi.

"Il croyait que c'était à la solitude qu'il tentait d'échapper, et non à lui-même."
(Lumière d'août, William Faulkner)

Fly me to the moon

Cadeau à la môme Marion Cotillard (pour qui le 11 septembre et le premier pas sur la lune sont "des-complots-on-nous-cache-tout-mais-moi-je-ne-m'en-laisse-pas-conter")



La lune oui, comme si vous y aviez gambadé, en riant aux éclats et aux étoiles :


Ou la cartographie de la randonnée des astronautes d'Apollo 11, Neil Armstrong et Buzz Aldrin à la surface du satellite de la Terre (attention à l'échelle, cela ne représente que 250 mètres en 2h31 de sorties extra-véhiculaires !), Mer de la Tranquilité, le 21 juillet 1969 (21h passées au total à la surface de la lune).

Beau temps.
Frais et poussiéreux.
Vague à l'âme face au coucher de Terre.

Origine de la carte (site historique Nasa)
Page de détails et documents de la mission Apollo 11 (dont le rapport officiel, la carte technique, et les vidéos)