Crépuscules


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La démarche de Nadia Plesner me semble juste et puissante.

Elle pétrit les images fournies par notre hameau numérique jusqu'à l'écoeurement.

Démontrant en un trait la vacuité de notre signifiant imaginaire (virtuel). Ce continent de mythologies peuplé de non-créatures (qui est Paris Hilton ?) et de non-objets (qu'est la Chine ? Qu'est le Darfour ?) qui à force de s'insinuer par mille fibres optiques au coeur de nos vies façonnent une illusion du monde à la fois fugace et puissante. Evanescente. Une absence à nous-même capable de menacer ce rien de conscience qui conférait un sentiment de réalité à nos sociétés.

Qu'une jeune artiste s'empare de ce sujet me rassure. Une reconstruction de l'apropriation symbolique est en cours.

L'image que j'en ai est celle d'un monde en cendres. Celui de "la Route" de Cormac McCarthy (Ed de l'Olivier). Nos machines-réseaux ont atomisé notre univers symbolique. Nous errons sans repères et sans conscience à travers un monde dévasté. Pour survivre il va falloir reconstruire.

Avec et malgré les machines.

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