Le cri du chat


Les chats ont un cri trés spécial (étude scientifique, si...) pour "manipuler" les humains. Celui du matin, lorsqu'il s'agit de sortir la boîte du placard, de trouver l'ouvre-boîte, d'ouvrir la conserve, de verser la chose, et de retourner se coucher en pensant aux nuits idéales.


Maguy Marin l'été

Spéciale dédicace pour Catherine V...



en ce moment en Avignon
et sur Arte 7

Visages primates et humains

Illusions d'optique. Chemins d'accès à nos replis profonds. Raidillons ou boulevards, de quoi satisfaire notre soif de "phénoménologie".




Cette fresque de visages altérés a été utilisée pour montrer que certains primates usent de la même structure d'identification des visages et de recherche de détails d'expression que le groupe humain.
Science Daily

Pour en savoir un peu plus sur ces troublants effets visuels, je vous renvoie à mon article, rédigé en 1992, pour le Fig Mag... ou Magy avait été, pour des raisons obscures, sans doute de relation avec l'ambassade de Grande-Bretagne, remplacée par Jean-Pierre Foucault (une célébrité comparable, quoi... )


Un objet inconnu ou non reconnu (photos du haut) est analysé de manière globale. Une modification non logique ne heurte pas l'oeil.

Un visage est analysé de deux manières. Globalement, pour la reconnaissance de la familiarité. Puis en détails, pour la recherche d'expressions, "mode visage". C'est ce qui expliquerait que les modifications de traits (découpe et insertion à l'envers des yeux et des lèvres) paraisse choquante, et "saute" aux yeux.

Notre cerveau visuel possède des modes de lecture pré-établis; pré-conditionnés par une part de génétique mais aussi notre environnement. Quelque soit la part de l'un et de l'autre, là où nous croyons observer et explorer, nous cherchons en fait à trier et à reconnaître des objets déjà définis dans notre référentiel. Notre oeil nous entraîne dans des schémas et principes de "déjà-vu". A tel point que si nous rencontrons un jour des E.T., nous serons incapables de différencier leurs visages, durant une phase d'apprentissage. Essayez donc de reconnaître des mouches ?

Fig Mag
Septembre 1992

Ne retournez pas trop vite votre magazine. Ces images à l'envers ne constituent pas une erreur de mise en page. Nous vous convions ici à vivre à une expérience visuelle, qui va vous distraire tout en vous faisant visiter des méandres obscurs du cerveau. Un voyage vers un monde un peu troublant, où les repères de notre vision sont culbutés comme de vulgaires quilles sur la piste un peu savonnée des habitudes.

Commencez par examiner ces deux visages présentés à l'envers. Ils vous rappellent probablement quelqu'un. Un personnage cathodique.... Ces yeux pimpants, ce sourire.... D'ailleurs, c'est étrange, parmi les deux figures, il semble qu'il soit plus facile de reconnaître l'une d'entre elles. Celle de gauche peut-être ?

Vous y êtes ? Bien. Maintenant, retournez la page. Brusquement.
Pouah ! Quel est ce Martien, cet "alien" hideux que personne ne souhaiterait recontrer au coin d'un bois ? Le visage de Jean-Pierre Foucault aurait-il été malmené ?

A peine. Oeil pour oeil, dent pour dent, seuls la bouche et les yeux ont été inversés, ce qui suffit à notre cerveau pour se faire duper et classer ce visage comme celui d'un monstre ! Un phénomène d'autant plus fascinant qu'il ne se produit que dans un sens, celui de l'endroit (pour les contours du visage), alors que d'après notre bons sens, cela devrait être le cas à l'endroit comme à l'envers ! Mais non, le visage truqué présenté à l'envers paraît obstinément normal, et grâce aux quelques traits manipulés, on se surprend même à le préférer ainsi, car il est plus facile à identifier que son voisin orginal. Quelle tempête souffle donc sur nos neurones ?

Cette expérience a été concue par Peter Thompson, du département de psychologie de l'Université d'York, en Grande-Bretagne. "L'idéal étant d'avoir quelqu'un de très connu...", nous a précisé le chercheur. Merci, donc, à l'animateur, forcément vedette !

On s'en doute, cette petite farce de laboratoire n'a pas seulement des mérites récréatifs. Elle utilise, dans son fonctionnement, quelques découvertes fondamentales sur la manière dont le cerveau gère les informations visuelles. Une branche très dynamique de la "psychologie cognitive", qui tente par exemple de répondre à une question d'apperence anodine : "Comment lisons-nous le visage d'autrui ?".
C'est un lieu commun que de dire que pour un Provencal tous les Camerounais ou tous les Bengali se ressemblent. Hors de ses références habituelles, le système de reconnaissance visuelle est perdu, et mettra un certain temps à s'habituer, à augmenter son savoir-faire. Les éleveurs de chiens deviennent ainsi capables de discerner infailliblement des centaines de "visages" chez leurs amis à quatre pattes, là ou tout un chacun est incapable de voir autre chose qu'une meute.

C'est quand il est bébé que l'homme apprend à utiliser ses circuits à décoder et identifier le visage de l'autre, peu à peu, en commençant par ceux de ses parents. "Mais la manière dont le cerveau traite cette information va se perfectionner progressivement, pour atteindre une performance maximale avec les visages familiers vers l'âge adulte", note Raymond Bruyer, neuropsychologue à l'Université de Louvain, et auteur de "La reconnaissance des visages", Ed Delachaux et Niestlé. Pas si simple, pourtant. Les enfants, on l'a constaté, n'analysent pas les visages comme les adultes. Ils observent trait par trait, au scanner. Ce qui les amène souvent à se tromper lorsque quelqu'un change de coupe de cheveux, de vêtements, ou de parure. Puis, vers l'âge de 10-11 ans, ils changent de technique, pour adopter celle, plus globale et efficace, (mais aussi plus rigide) des adultes.

Le secret de notre système de reconnaissance, c'est de juger sur pièces. Un visage sera mieux analysé si des schémas globaux déjà engrangés dans le cerveau sont respectés. Mieux vaut que la bouche se trouve entre le nez et le menton. Un exemple, dans un domaine proche. Il est plus rapide de trouver le S dans le mot "VISAGE", qui un sens, que dans l'ensemble de lettres "GASIVE", note Raymond Bruyer.

Et ce qui frappe, c'est l'incroyable conformisme des neurones dans ce domaine. D'abord, il y a une hiérarchie. Chez l'Européen, les traits les plus importants sont par ordre décroissant : la chevelure, les yeux et la bouche (chez un Africain, les cheveux sont secondaires). Pas étonnant qu'il vaille mieux éviter d'être chauve... Mais que le visage soit déjà connu ou non redistribue encore un peu davantage les cartes : yeux, nez et bouche sont très importants sur des visages connus, mais se retrouvent à égalité avec les informations de contour (cheveux, menton) dans le cas de visages inconnus (travaux du Pr Ellis à York). Pour la plus grande efficacité du test, il nous a donc fallu choisir un personnage archi-connu, quasiment familier.

Autre surprises des chercheurs : l'exploration du visage ne se fait pas, comme notre bon sens pourrait nous amener à le croire, du haut vers le bas, comme sur une page. Car dans un visage présenté comme ici à l'envers, les cheveux gardent leur importance, qu'ils soient en haut ou en bas de l'image. Nos neurones se moquent, dans ce cas, de l'envers. Ils observent trait par trait, et rectifient d'eux-même le sens de l'image.

Etonnant. Présentation à l'envers et à l'endroit d'un visage, et seulement d'un visage, modifient complètement la manière dont le cerveau fonctionne. Comme s'il passait d'un mode "global" et rapide à l'endroit, à une analyse plus détaillée et morcellée à l'envers. Essayez donc de contempler les autres photos de ce magazine à l'envers. Tout paraitra facilement reconnaissable, les avions, les maisons, les chateaux. Tout, sauf l'identité des visages. Pour Justine Sergent, qui travaille au Canada, dans un visage présenté à l'endroit, il y a interaction des traits lors de la reconnaissance. La face devient un tableau dont tous les composants renvoient l'un à l'autre, et s'influencent, dans une globalité que construit notre cerveau. Par contre, dans un visage présenté à l'envers, chaque trait est analysé et identifié séparément, passé au scanner, à la manière d'un objet (avion, bateau, etc...), et le cerveau tente de reconstruire l'image à l'endroit. Ce qui conduit tout droit à un paradoxe. Présenté à l'envers, un visage connu supporte comme ici de grandes altérations et sera tout de même identifié, car ses traits sont analysés séparément. Par contre, à l'endroit la reconnaissance globale devient une ornière pour notre regard. La moindre modification des traits principaux entraînera une non-reconnaissance, allant jusqu'à déclencher la panique du phénomène d'horreur, comme ici.


Gilberto Gil : copiez-moi !

Le musicien, ancien ministre de la culture de Lula est opposé aux sanctions contre le piratage sur Internet."Ce sont les libertés dans une société démocratique qui sont en jeu. Ces sanctions pourraient seulement être appliquées dans le cas d'un grand consensus social" (El Pais, dimanche 12 juillet).


Sur Le Monde.fr :
Les limites aux possibilités offertes au public par la technologie "doivent être établies après un large débat démocratique", précise le chanteur, qui incite régulièrement les spectateurs de ses concerts à le filmer et le photographier. Il se dit soulagé "de ne plus avoir à se surveiller pour éviter de dire des choses qu'il ne doit pas dire", depuis qu'il a quitté le gouvernement brésilien. Pour lui, dans le domaine de la culture, il faut "rechercher un équilibre" entre "l'intérêt commun" et "l'agenda du monde capitaliste".



Simple, non ?
Humain, non ?
Pour que les entreprises servent les hommes, et non les capitaux...

Il faudra embrasser l'inventeur de la bossa, Joao Gilerto (elle est libre la bossa, non, tiens je vais en gratter une petite) je félicite Hervé This de ne pas avoir breveté sa recette de chocolat chantilly, et papy Roetgen d'avoir laissé les rayons X dans le domaine public.

Oui, cher Chouchou à Carla, le bonheur n'est pas que dans la fortune ni Marc Levy le meilleur écrivain car il vend le plus de tonnes de bouquins.





Barbier, Olivennes, le Figaro et Dodos

Lorsqu'un patron de journal ami du pouvoir en soutient un autre, et tout cela dans un média inféodé à l'économie. Cherchez l'indice. Il invente au passage la méfiance à l'égard de ses propres journalistes. Quelle rigolade ! Cela me fait penser au théorème de Gödel. Sarko est en train de mettre tous ces larbins dans un système fermé, non démontrable et incomplet. Tout cela en partant du postulat que le pouvoir a toujours raison. Remarquez nos fossoyeurs de journaux ne demandent rien d'autre. J'espère que l'on se souviendra avec netteté de cette génération d'opportunistes chiffes molles, magnifique exemple de l'échec du "management" par le haut.

Source Arrêt sur Images


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BARBIER (L'EXPRESS) SOUTIENT OLIVENNES (NOUVEL OBS)
Par Gilles Klein le 10/07/2009
Interrogé par le "Buzz Média Orange-Le Figaro" Chistophe Barbier, directeur de la rédaction de l'Express prend la défense de Denis Olivennes critiqué par ses journalistes pour son interview de Sarkozy.
"« Moi, j’ai eu à gérer l’interview de Carla Bruni, Il y a des choses que la direction de la rédaction doit faire en direct, en ménageant un minimum de secret. C’est comme cela, les rédactions doivent le comprendre.»"

Quotidien Le Figaro vendredi 10 juillet 2009

Barbier confirme par ailleurs les soucis de l'Express : "confronté à une baisse conjuguée de 8 % des investissements publicitaires et de 6,3 % de la diffusion. « Oui, les temps sont durs et pas que pour les news. Il y a la crise conjoncturelle, et puis il y a structurellement des mouvements de fond, des migrations de valeurs, de volumes de pages qui resteront même quand la crise sera finie. En tout cas, en tant que directeur de rédaction, je sais qu’on ne reviendra pas à 70, 80 ou 90 % de chiffre d’affaires venant de la pub. »"

Question : La "presse" menée par de tels capitaines, se sera-t-elle aperçue qu'elle ne s'adresse plus qu'à elle-même et à ses annonceurs et à ses amis distributeurs de rosettes avant ou après sa disparition complète ? Je propose que l'on lance une souscription pour le monument à la gloire de nos journaux sabordés. Un musée, du genre ceux qui honorent la mémoire du Dodo.

Chauves et puants

Hier soir quelques oeillades au tsunami médias mayo sucrés larmes de croco ketchup enterrement Jackson.



Cette transe en direct sur un cercueil, ultime tentative de "lavage" de cerveau désirant nous faire avaler que l'autopromu roi de la soupe, avait consacré son existence à autre chose qu'à devenir "tête de gondole".

Ah mais si, au fil de quelques airs poum poum funky groove m'est revenu le souvenir que Michael avait labouré le même thème un milliard de fois (les rares mélodies non empruntées au domaine public (et même à des privés) comme l'enfant au Tambour, sont fort consanguins, non ?) (voir mon autre post, vaguement nostalgique)...

Qu'importe. La retransmission livrait l'image cristalline de nos strangulations et saturations émotionnelle des foules.

La seule chose que j'attendais n'est pas venue. Que petit Michael sorte la main du cercueil, se lève, la gueule déchirée par la douleur de sa dérive se mette à danser comme il le faisait gosse. Que ce joyeux zombie rejoint par Pina Bausch, Farrah Fawcett, Karl Malden et quelques centaines de passagers ou d'Ouighours engloutis ces derniers rounds les fassent décamper tous, ces nauséabonds clowns de notre temps vitesse inutile, animateurs, stylistes, critiques, responsables d'antenne, zélotes du néant.

Et cela sur quelques mesures en boucle de Moussorsky je vous prie. Bien plus cool que Thriller : nuit sur le Mont Chauve. Tiens, pillé par Disney, ce thème là.

On attend l'album, le DVD des préparatifs du dernier concert, à présent. Les gloutons ne lâcheront pas la pompe à fric, Hadopire anticonstitutionnel ou non...

Bonjour chez les morts vivants.

Automobiles françaises


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Commentaires "OFF" des représentants des bureaux de recherche sur les motorisations nouvelles de nos marques françaises. Cela se passait dans l'Allier, lors d'un "rallye vert", un comparatif de plusieurs jours, au printemps 2002. Prétendant rassembler ce qui se faisait alors de plus innovateur en matière de motorisations "basses consommations". Diable, la Prius, déjà commercialisée, était là, versus les projets européens (pour l'essentiel des marques françaises, Diesel sous le capot, mais avec injecteurs nouveaux et filtres améliorés, nom de Dieu !)

Dialogue, à l'escale, sous une nuée de moustiques vrombrissants :
Peuh. Ces gadgets hybrides de Toyota ? Des jouets pour bobos. Cela ne marchera jamais.
Mais tout de même, vous faites vous-même un peu de recherche, sur la voiture propre... Vous avez un prototype hybride présent ici (Citröen) ?

(Mercedes présentait de son côté une classe A prototype dotée d'une pile à combustible)
Nous n'envisageons pas la commercialisation. C'est pour la galerie. De la com. On fait ça pour faire plaisir au gouvernement et aux médias. Un peu aux ingénieurs. Pas sérieux... Non la seule voie, c'est le Diesel. La vérité du marché est là. C'est nous qui avons raison, les autres grillent leurs cartouches en pure perte. Vous avez envie de rouler dans une voiture à eau, vous ?
Et ils pouffaient, nos représentants (des 3 marques françaises), trinquant au champagne rosé sur la terrasse d'un Relais et Châteaux...


AFP, juillet 2009...
La Prius, automobile à motorisation hybride (essence + électricité) du premier constructeur japonais, Toyota, est arrivée largement en tête des ventes de véhicules en juin au Japon, pour le deuxième mois de suite dans la catégorie des voitures de gabarit traditionnel.
Selon l'Association des concessionnaires japonais (Jada), il s'est vendu 22.292 Prius au Japon en juin sur un total de quelque 319.500 automobiles particulières (mini voitures comprises) nouvellement mises en circulation dans le pays, soit environ 7% du total.


Presse : l'Observateur est mort


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Les derniers vaisseaux de la presse sont donc en train de sombrer.


Les derniers. Ceux qui au prix de pas mal de compromis dans leurs cales, flottaient encore entre deux eaux.

Ma perception, jeune journaliste au Matin de Paris dans les années 80, était que nous vivions alors une heureuse parenthèse. Un miracle, une étrange oasis que nous traversions en riant. Une certaine facilité économique, la liberté et l'ivresse de la contre-culture se propageant au reste de la société. Les journaux étaient "libres". Même au Figaro de Giesbert, on vous recrutait sans demander de quel bord vous étiez.

Jamais les journalistes ne se sont sentis aussi proches de leurs lecteurs que durant les années 80 et 90.

Les journaux étaient alimentés par la base. Un reportage, une enquête, l'envie ou la proposition d'un journaliste, forgée au feu du réel, était le bien le plus précieux d'une rédaction.

Lorsqu'après le Quotidien de Paris, le Figaro, France Soir, je vois les derniers journaux (Le Monde, Le Canard, L'Obs, Charlie...) sombrer, se livrer à des groupes d'influence, inverser leur culture (des produits, formatés, mis en scène par des rédactions en chef stériles et cloîtrées dans leurs bureaux) il semble en effet se confirmer qu'est revenu les temps des chefs et des journaux médiocres.

Ce n'est pas la première fois. Parfumeurs, groupes du textiles, compagnies d'armement ont déjà écrasé la presse dans ce pays. Et contrairement à ce qu'ils prétendent, il a toujours été du souci des politiques et des acteurs sociaux dans ce pays d'organiser structurellement, notamment par les systèmes de diffusion, la paupérisation et le musellement de la presse. Voir la presse fragilisée et possédée par des amis puissants constitue la précieuse garantie de la voir rester dans le rang.

Il ne manque ni de rédacteurs en chefs ni de directeurs aux pantalons lustrés par leurs chaises pour appliquer ce programme. Donnez-leur la rosette. Ils rougiront de plaisir et de dévotion.

L'Obs constituait une manière d'exception. Certes, un compromis entre liberté et obédience. Je ne lis plus depuis longtemps. Mais même cela était encore trop. Plus les moyens de résister, même de façon cacochyme.

Les cons. Un journal n'est ni un produit ni une chose industrielle. Il est surtout, je veux parler des journaux d'information, cette choses fragile et aussi brumeuse qu'une sensation, que produit la rencontre d'un lecteur et d'un auteur : le terrain du désir et du partage.

Si les journaux disparaissent, c'est que cette précieuse envie de la rencontre s'en est allée s'épanouir ailleurs. Elle resurgira dans des lieux de nos sociétés. Les blogs ? Des encyclopédies en ligne ? Qui sait où. Et aux prix de quelles dévastations.



Tartuffes Madoff


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Voyez ces "pauvres" gens sur qui les tambours des médias planétaires résonnent : les victimes de Madoff. Ces malheureux, dont les économies tombèrent entre les griffes du "plus grand escroc" que le monde ait connu. La morale libérale est sauve. Le vieux grigou finira en prison (150 ans cela signifie qu'ils vont conserver son cercueil dans un cachot ?).


Dans cette "qualification" de l'affaire par le choeur planétaire des médias, quelque chose m'épate. L'on nous martèle comme entendu que si quelqu'un de bien mis et coiffé vous propose confidentiellement des rendements "surs" à deux chiffres il va de soi que vous, destinataire de cette "offre" ne vous poserez que fort peu la question du quoi, comment, qui, pourquoi ?

Etonnant, non ?

Les données économiques sont historiques et publiques. Elles sont inscrites dans les cours des changes, des bourses, des matière premières, des flux de migrations, des statistiques sur l'éducation et la santé. Certaines figurent même au rayon révolution et conflits armés. Il suffit d'ouvrir un bouquin d'initiation à l'économie, ou même de conduire une recherche sur le Net.

Que des gens capables de voter, possédant quelques économies, donc pourrait-on supposer pas absolument crétins, puissent oser espérer 12 % et plus de rendement net en faisant mine d'ignorer qu'il exposent leur capital à un risque, ou alors que cela se fait au détriment de la ressource naturelle, des travailleurs pauvres, de l'emploi, du reste du système financier, de l'esprit même d'entreprise à dimension citoyenne et sociale, de la répartition de richesses, de la démocratie dans certains pays, ces gens là dis-je, sont autant condamnables pour leur cupidité que Madoff l'est pour son "ingénierie".

S'aveugler. Agir dans sa bulle, dans son coin, faire mine d'ignorer que la bagnole rutilante, le vaste bateau, le jet glouton, les appartements "de réception", l'île paradisiaque, la résidence avec vue unique sur la mer sont l'expression de la plus rapace et suicidaire pulsion. L'immense et inoxydable délit de connerie.


Non, Madoff est la seule victime de cette affaire. Mettez-vous à sa place. Comment résister à la tentation ? Comment ne pas profiter de la vénale stupidité de tous ces prétentieux en cravates et robes du soir, de ces dodus cochons pétant de bonheur platine sur leurs pelouses de Palm Beach. Et au passage de la médiocrité de ces prétendus gestionnaires qui prennent (cela continue !) soin de fermer les yeux sur la logique des produits financiers qu'il fourguent par bennes à leurs clients.


Pour l'avoir tant d'années flattée, caressée, enjolée, Bernie n'ignore rien de l'âme de ces possédants. Le pauvre en connaît si parfaitement l'inextinguible voracité qu'il ne peut résister à cette tentation qui palpite, là, au bout de ses doigts. Il se lance. Il va monter une comédie plus mal ficelée que le magicien d'Oz, afin de soulager de leurs lingots tous ces myopes rendus aveugles à force de ne vouloir rester sourds aux médiocres réalités de notre monde.


Les vraies victimes des Madoffs et consors passent dans le même journal télévisé. Mais pas au rayon "jet set" spoliée ou retraités dans leur salon rose. Voyez au rayon licenciements. Au rayon accident dans une mine en Chine. Au rayon des cadavres retrouvés sur les plages de Cadix.

Vous ne voyez pas le lien entre les deux ?










Pierre-Gilles des Bulles

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"Deux bulles, une petite et une grosse sont accolées et séparées par une mince cloison. Que se passe-t-il lorsque l'on perce la cloison ? Répondez sans réfléchir".

Pierre-Gilles, imperturbable, répond "c'est justement là qu'il faut réfléchir". Les élèves (de sa classe préparatoire au lycée Saint-Louis) éclatent de rire et le professeur aussi. Sa répartie fait mouche et devient une devise de la classe, énoncée à chaque fois qu'une difficulté se présente.

Si un peu d'intérêt pour la science frémit en vous, si le nom de Pierre-Gilles de Gennes vous évoque quelque chose. Si vous désirez vous mettre dans les enjambées de ce grand timide, courir avec lui les sentiers de montagne, les couloirs de Princeton, dîner au Boudin Sauvage, le restaurant de l'une des femmes de sa vie, sans oublier de traverser l'ESPCI, l'école de Physique et de Chimie de la ville de Paris, que le chercheur dirigea tant d'années et dont il fit un endroit exemplaire, alors le livre de Laurence Plévert aux Editions Belin-Pour la Science est pour vos yeux.

Un travail remarquable, étayé par de longs entretiens avec le physicien, peu avant sa disparition. Cela se lit comme un (excellent) polar et tord le cou à tant de wagons de poncifs et de clichés que ce livre devrait devenir un "classique" de l'enseignement des sciences.

Pierre-Gilles de Gennes
Gentleman physicien
Ed. Belin (23e, 366 p)

Ah oui, la solution.
Dans la petite bulle, la pression est plus forte. Elle se dégonfle donc dans la grande...

Michael et les pompiers Jackson

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La seule question qui vaille, en ce jour de simulacre de deuil, est qui étions nous pour Michael ? Je veux dire que faisions nous de nos vies au moment où il inventait la pop noire avant d'entreprendre sa marche forcée vers son destin de clown blanc et son tas de dollars ?


Michael il me reste nos nuits de permanence au centre de commandement de la sécurité civile. Longues insomnies monotones où nos uniformes bleus de petits pompiers de bureau se mettaient soudain à s'agiter. L'un d'entre nous glissait la cassette U-Matic dans la grosse machine posée dans la cellule vidéo. Normalement tout cet appareillage servait à montrer aux visiteurs des Canadairs en action ou d'autres choses servant à lutter contre le feu ravageur.

Christian composait à ses heures civiles des musiques de pub et avait là-dessus enregistré ton Billie Jean.

Nous le passions en boucle.
Billie Jean.

Nous sautions sur les bureaux et devant les grandes cartes de France et des DOM où des traits de craie fluorescente figuraient les troupes, les camions et les avions de lutte contre l'incendie en mouvement, nous dansions. Une vingtaine de petits pompiers bleus cravates entre les dents et contorsionnant un MoonWalk qui t'aurait fait sourire. De sages petits avaleurs de soupe.

Oui, Billie Jean.
Sans rancune pour toute cette musique de caddie, et des baffes à ton père.


Paris Match piégé

Deux étudiants piègent Paris Match


Leur coup monté : un pseudo-reportage sur la précarité étudiante.
Dans le registre :

« Pour pouvoir étudier le jour, je me sers de mon cul la nuit... De temps en temps je reviens à l’appart’ entre midi et deux pour dormir. C’est dingue d’en être arrivée là. Heureusement j’arrive encore à le cacher. » Emma, 23 ans, Master de Philosophie
Match a publié, sans la plus élémentaire vérification.

Quel délice de constater que face à la déliquescence du journalisme "managé" par en haut, par les lois de l'industrie et du marketing, lecteurs et usagers engagent de salutaires réflexes de défense et de mise en cause !