Maman-éléphant

Le comble c'était ce soir tout en soleil. Orange, la lumière d'automne rasait la terre et nous pétrissait à la manière de ce grand frère qui vous prend par les épaules, et vous serre encore une fois contre lui. Une dernière. Avec un peu de rudesse et tant de vie. L'incertitude des jours qui raccourcissent est plus fraîche que l'eau du torrent. Plus sifflante que les arbres qui plient dans le vent. Plus salée que du sang.
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Elle avait fait le chemin jusqu'à la véranda, et se tenait là, à deux mètres au-dessus de nos têtes. Perchée à la fenêtre. Pour faire durer le spectacle, nous avons pris le temps. Installé Max à l'arrière, dans le couffin attaché au siège, callé les coussins et posé les affaires de cette vie qui commençait. Le bébé n'avait pas un mois. Elle lui avait fait toucher sa voix. Goûter ses caresses et sa peau. Puis nous sommes montés dans la voiture à notre tour. Je suis resté là, hors du temps, si longtemps, assis, les mains sur le volant, sans fermer la portière. Regarder devant moi. Ne penser à rien.

Le courage m'est venu. Je me suis tourné vers son regard d'oiseau. Son regard où toutes les langues auraient pu claquer de joie et rire. C'était pire qu'annoncé. Les petites misères, les odeurs de Nivéa dans le cou, les mains au ciel et les cris, tout y était. J'ai haï de devoir fermer cette portière. Je l'ai tirée, avec lenteur. Comme si ce geste n'existait pas. Les odeurs de terre et de feuilles tombées au sol se sont évanouies. Il ne restait plus que l'atmosphère sourde de la voiture. Plastiques et moquettes. Un cocon loin de toute vie. J'ai toujours ressenti que dans le ventre des machines, nous étions entre parenthèses.

Le regard a duré, mais derrière le pare-brise, là-haut, ce n'était plus pareil. Comme si dans notre capsule nous étions déjà partis pour Mars.

Elle eut un geste. Un signe de la main gauche, le bras valide. Sur ses lèvres s'est émietté un sourire. Je me suis vu tailler des flèches, m'érafler les mollets dans les arbres. Je me suis vu courir vers elle quand j'avais huit ans. La faire rire c'était facile. La faire pleurer encore plus, à faire mine de m'évanouir à la messe pour ne plus devoir aller subir ces pitreries à l'encens. Regretter de ne pas lui avoir dit que j'aimais quand elle était assise dans la pénombre, à l'Opéra, que j'avais vu ces larmes cascader à cause de Verdi. Je veux encore ses nouilles, ses tartes, me gaver de sa vie trop saupoudrée de cannelle. Et puis lui demander de loucher, de prendre cet air idiot qui faisait fuir les clientes qui venaient râler dans sa boutique.

J'aurais voulu lui demander de regarder à travers moi encore comme elle le faisait lorsque je cachais mes pétards dans mon dos, après avoir fait péter les boîtes aux lettres des voisins. Et peut-être me souvenir de ce geste du poignet qui trahissait son pardon avant les mots, lorsque face à la vie j'avouais des limites.

Et puis...

Non, c'est ce geste là qu'elle a voulu faire, je l'aurai juré. Pour toutes ces fois où je l'avais trahie. Toutes ces fois où j'ai eu honte de son accent alsacien. Et puis le visage a blanchi. Le voile du rideau. Ses yeux ne me quittaient pas, mais derrière, plus loin.

J'ai mis le moteur en route.

Strasbourg-Paris. Cinq heures. Belle moyenne pour un dimanche soir. Avec Pascale, nous avons du échanger dix phrases. Max a dormi. Quand nous sommes arrivés, la voix de ma soeur attendait sur la cassette du répondeur.

Nous avons sorti les bagages et le bébé et je suis retourné à Strasbourg avec une pluie à égarer un espadon. Les essuie-glaces n'y pouvaient rien. Elle était dans mes yeux, la pluie.

Le ruban de l'autoroute me répétait que ma mère avait tenu des mois pour voir le gosse, puis elle s'était laissée glisser. Je garde cette image, elle avec sa longue trompe. De son visage pendait ce tube de plastique qui fit d'elle l'héroïne absolue de ma vie. Il lui permettait d'avaler du temps, de tenir ces quelques semaines. Elle en riait avec hoquets. Faisait brrrrrr avec ses joues grises du cancer.

- Je serai réincarnée en grand et sage éléphant, hein ?

- Oui, maman. Pouet aussi.

Billy the Gaucher ?

Chronique France Inter (26 nov 2007)

Est-ce que comme
Albert Schweitzer, l’écrivain Mark Twain, Bill Gates, ou le mime Marceau
vous seriez gaucher ?

Ne répondez pas trop vite. Ce n'est pas si simple
entre les faux droitiers et les gauchers contrariés, et les ambidextres, tout est brouillé.
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D’ailleurs, la latéralisation - le fait d’utiliser une main plutôt que l’autre pour ses activités - est très variable d’un individu à l’autre, et on peut être absolument gaucher, absolument droitier ou ambidextre à divers degrés.

Pour en avoir le coeur net, il faut agir par surprise

Il y a cette petite expérience
Se munir d'une corde à grimper
et puis de belles bananes, tout un régime

Vous accrochez les bananes au plafond
et regardez de quelle main les grimpeurs lâchent la corde pour aller s'emparer des fruits.

C'est la main de la précision qui va attraper le fruit.
Et la main de la force qui reste sur la corde
Là, à trois mètres de hauteur, on ne triche pas.
La main de la force est celle que l’on désigne, chez les droitiers ou les gauchers, par main "principale"

En faisant cette expérience on a découvert que nombre de singes, que l’on croyait ambidextres sont en fait comme nous, latéralisés.

Le fait de se spécialiser (un côté pour la précision, un autre pour la force) augmenterait les performances…

Un test plus simple ?
Vous vous mettez derrière la personne.
Tout à coup, alors que vous lui parlez de la forme délicieuse des nuages, vous la poussez.
Ne pas hésiter a le faire avec vigueur.

La jambe avec laquelle elle se rattrape
sa jambe d'appui, vous dit de quel côté l'habite sa force
le test de la jambe d’appel, bien connu, en sport...


On peut le faire soi-même, si l'on est inquiet :

• Croisez les bras. Lequel se trouve sur
le dessus ?
• Croisez les doigts. Quel pouce recouvre
l’autre ?
• Clignez d’un œil. Lequel reste ouvert ?
• De quelle main distribuez-vous les
cartes ?
• Mettez votre main en cornet pour mieux
entendre. De quel côté procédez-vous ?

Si vous avez répondu «gauche», vous avez des chances de faire partie de la tribu des
non-droitiers.

On estime la proportion de gauchers dans la population comprise entre 10 et 15 %. Mais là encore, tous se perd dans la brume : on trouve davantage de gauchers parmi les blonds aux yeux bleus, les esquimaux et les indiens Kawkiutl de Colombie britannique. Et il y a plus de garçons gauchers que de filles. Etre gaucher ne se réduit pas au fait d’être plus fort à gauche, d’écrire de la main gauche, comme les droitiers semblent le croire, mais peut aussi s’accompagner d’une perception différente des formes et de l’espace, puisque la force et l’adresse sont regroupés chez eux du même côté.

Selon les vues d'Howard Gardner, psychologue américain, chacun possède huit formes d'intelligences.

Les gauchers possèderaient une intelligence spatiale (représentation de l’espace) et un sens kinesthésique (sens du mouvement) plus performants.

Ceci pourrait expliquer que l’on trouve une proportion de gauchers supérieure à la moyenne générale dans les professions artistiques ainsi que dans certains sports.

Il reste 6 autres formes d'intelligence aux droitiers, hé...

Billy the Kid, le fameux et insupportable gamin hors la loi américain (Henry McCarty de son nom vrai), descendu à 21 ans après ses soi-disant 21 meurtres. Billy était-il plus rapide de la gâchette car gaucher ?

Désolé, Billy. Ton surnom "le gaucher" vient du fait que la première photo parue de toi fut "tirée" à l'envers. La plaque au moment du tirage inversa la position des mains. Le tireur le plus rapide et le plus taré était un banal droitier.


Autre chose

Si les collisions de la technologie et de notre monde contemporain vous passionnent ou vous inquiètent, je vous recommande le blog « Aietech » du journaliste Pierre Vandeginste,

Il vous parle d’un certain Active Denial System. Une sorte de “rayon de la mort” qui ne tue pas (en théorie). L’engin du futur vous envoie une claque de micro-ondes. La brûlure sur la peau est assez violente pour faire décamper. Les vidéos de cette superbe invention (lien sur son site) valent le détour.

Et puis TechnologyReview nous parle de ce rayon fatal aux voitures. A la manière de Black et Mortimer. Le HPEMS (High-Power ElectroMagnetic System) de Eureka Aerospace balance son petit orgasme d’ondes millimétriques. Bref et intense : deux gigawatts, pendant 50 nanosecondes. Aucun microprocesseur ne résiste. Comme nos voitures actuelles en sont truffées, pour gérer l’injection, l’allumage et bien d’autres choses, elles couinent et s’arrètent misère. Eureka Aerospace, à Pasadena (Californie), promet pour d'ici 18 mois sa camelote à toutes les polices et armées du monde.

Elle est pas impec
la vie high tech ?


LIENS
GAUCHERS
Gauchers
d'autres gauchers
encore
revanche du gaucher
martin winckler

AIETECH
Aietech

Alerte aux pôles. Vidéos 7 et 8

Les questions de la semaine
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Qui surveille la banquise ?


Pourquoi les pôles se réchauffent-ils plus vite ? (Le secret d'Albédo)

Mouvements


Je ne me lasse pas de la poésie des illusions de maître Kitaoka.

Le mouvement, la clef de nous. Sans lui nous ne sommes qu'évanouis.
Sa liberté, mais son "empêchement", aussi, qui nous fait sentir le monde.
(développement de la conscience, cf/Alain Gillis et ses observations de l'autisme)

J'aime celle-ci, aussi.
Fixer la croix centrale, longuement.



Non, le vert "n'existe pas".
Mais le rose non plus, au fait.

Combien de sucres ?

Voir aussi : Effet coca menthos
(version sans sucre)

Science sans humour n'est que ruines et larmes (" Sapience n’entre point en âme malivole, et science sans conscience n’est que ruine de l’âme. " Rabelais - Pantagruel, chapitre VIII.)

" Fais ce que voudras"

" Toute leur vie était ordonnée non selon des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur bien vouloir et leur libre arbitre. Ils se levaient quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, et dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les réveillait, nul ne les contraignait à boire, à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Pour toute règle, il n’y avait que cette close, Fais ce que voudras ; parce que les gens libres, bien nés et bien éduqués, vivant en bonne compagnie, ont par nature un instinct, un aiguillon qui le pousse toujours à la vertu et 1es éloigne du vice, qu'ils appelaient honneur. "

Dites Aaaaaaah !

Chronique France Inter 19 nov 2007

Si je vous dis OOOO
Pensez vous à quelque chose de particulier ?
Et UUUUU ?

Non plus ?

Nous avons peut-être des sens cachés. Mais il est de drôles d'associations entre certains de nos sens. Quatre pour cent d'entre nous seraient ainsi sujets à la synesthésie. Et comme pour l’oreille absolue, ce serait héréditaire.
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La synesthésie est une association de plusieurs sens. Par exemple les notes de musique ou les chiffres, ou les lettres de l'alphabet ou même les jours de la semaine peuvent faire surgir à notre esprit des formes, ou bien des couleurs...

Attention il ne faut pas tricher. Il ne s'agit pas de forcer, mais de se laisser aller
Synesthésie, cela rime avec poésie

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,_Je dirai quelque jour vos naissances latentes… »

Voyelles, le plus connu des poèmes de Rimbaud, qui se termine en pure splendeur violette mais aussi Baudelaire avec ses parfums et ses chairs, du son des hautbois au vert des prairies…
Et Kandinsky, le peintre, pour qui la musique était couleur…

Pas seulement mais en partie à cause des artistes, le synésthésie fut mise en cause. Et même si des savants comme le prix Nobel Richard Feynman disaient voir les équations en couleurs, on doutait de son existence, à la synésthésie. Pour le moins elle faisait sourire, et on la brocardait volontiers, au nom de la rationalité.

Si le son « ciel « évoque le bleu, il est facile de rétorquer c'est car il est bleu depuis que nous sommes en âge de le contempler. Mais non, sceptiques, dans le cerveau des synésthésiques, le mot ciel peut faire surgir des sensations intenses et vertes...

On sait désormais un peu mieux ce qu'il en est, comme le relève le blog "neurophilosophy".

Des expériences récentes d'imagerie cérébrale ont montré que la synesthésie existe bel et bien : une personne à qui l’on faisait entendre des sons avait bien les centres de la vision colorée qui s’activaient. Et les zones cérébrales mises en jeu sont bien différentes chez les sujets chez qui pour qui les sensation colorées n’apparaissaient pas.


Je vous parle d'autres croyances qui, elles n’ont rien a voir avec les sons et les couleurs, mais dont le succès ne décroit pas : 48% des Américains sont convaincus de l'existence des phénomènes allant de la télépathie à la voyance. Ils sont 34% à être persuadés de l'existence des ovnis et 19% à avoir peur des sortilèges et des sorcières.

Un Américain sur cinq est superstitieux, un phénomène observé plus souvent chez les jeunes, les plus pauvres et les habitants des villes: pour eux, la découverte d'un trèfle à quatre feuilles est le moyen le plus sûr d'avoir de la chance.
Sondage réalisé en octobre auprès d'un échantillon d’ adultes américains et commenté par le site « doutes à gogo »


Si vous êtes un tantinet curieux, je vous recommande le blog « Dark roasted blend » qui vous propose un drôle de regard de notre monde. Un catalogue des objets introuvables de notre époque et de notre planète : les navires qui volent, les constructions les plus folles imaginées à Dubbai et ailleurs, les projets spatiaux délirants… Un télescopage entre les fantasmes des humains, courant dans les bandes dessinées des années 70 et 80, et ceux en train de se réaliser. Ce foisonnement est troublant. Parfois il hérisse. Ou alors il fait rire. Il y a, pour se reposer de la naïveté technique lancée au galop, une collection de photos surprenantes d’ animaux. Un indispensable fourre tout pour curieux et rêveurs. A prendre au second degré.


Je voudrais encore vous parler des minuscules gestes qui peuvent changer le monde. On a tous rêvé de capter l’énergie de tous les marcheurs du monde pour la rendre utilisable. C’est un peu sur ce principe que désormais, lorsque vous certifiez sur le Web que vous êtes bien un humain et non une machine, vous savez avec la recopie d’un texte dans un petit espace de saisie, on vous propose un deuxième ensemble de lettres à saisir. Et bien là, ce n’est pas d’un test dont il s’agit, mais de la photocopie d’un document que les machines ne parviennent pas à numériser. Et c’est vous, chacun des internautes qui allez, mot après mot, saisir ces textes dans les banques de données, sans même vous en apercevoir. Cela s’appelle « recaptcha » et c’est assez malin et élégant, je trouve.

Et angoissant aussi, sur notre sort, rapport à la Toile.

Par contrecoup, j'ai crée une nouvelle expérience : "No Where".
On verra.

LIENS

Synésthésie
wiki
neurophi
rimbaud

doutes à gogo
crédulité

incroyables
machines et animaux

manuscrits saisis
par les fourmis

Alerte aux pôles. Vidéos 5 et 6

Les questions de la semaine, posées à Yves Frenot, directeur adjoint de l'Institut Polaire (Ipev)..foto..


- Reste-t-il des formes animales inconnues dans les régions polaires ?


- Y-a-t-il de la vie sous la glace ?

Le sexe à gauche ?

C’est sa manière de poser son dos contre le lampadaire et de plier la jambe à mi-hauteur qui m’est restée. Je m’embusquais dans le coin du râtelier à vélos, les reins contre la glace du métal. Le froid me prenait les orteils et me disait : crétin.
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Malgré le mouvement de foule, chaque matin à l’entrée des cours, elle restait là. Sourde au grondement de la ruée. Evadée. Elle ne se laissait avaler par le lycée de vieux grès, blottit contre la cathédrale, que lorsque le porche en avait fini avec toute la meute. Rien que cette étrangeté aurait pu me suffire. Elle savait aussi écarter ses cheveux sans faire tomber la courroie du sac de son épaule.

Je l’ai longtemps surveillée, en silence, derrière la barricade des écharpes et des vestes kakis que tout le monde portait à cause du Vietnam. A chaque récré aussi, je la cherchais. Je l’épiais comme on observe une sauvage, dans la forêt. De loin. Parfois de près, à contrevent ou dans un mouvement qui aurait pu sembler provoqué par le hasard. Sans faire craquer de bois.

Ses cheveux noirs très longs et son col fourré n’avaient rien contre moi. Rien pour non plus. J’étais à l’âge où quand on ne sait rien dire on la boucle.

Quand j’ai su qu’elle militait à la LCR (ligue communiste révolutionnaire) je me suis précipité. Les vieux copains qui me tannaient depuis des années pour me recruter y ont vu le salut de ma conscience politique, tout en m'égrenant des sourires en coin.

Deux semaines et pas mal de rasades de bières plus tard, devant le lycée, je haranguais, réclamant que l’on ouvre le ventre à tous les patrons. Troski était mon guide, la Fraction armée rouge mon exemple, et dans l’ascension de mon espoir j’étais prêt à tondre la moindre cause égarée. Je suis devenu son acolyte. Sans jamais lui parler de choses plus osées que Proudhon. Désormais avec elle je vendais Rouge (quotidien de la LCR), et la voyais renvoyer dans leurs limbes tous les camarades à poil au menton qui l'approchaient. Elle savait les écarter sans lâcher son sourire. Ca les rendait encore plus fous. Celui qui lui disait que ne pas coucher, c'était bourgeois, Christan aux cheveux gras, personne n'ignorait que c'était c'était parce qu'il avait eu droit à son coup de genoux.

Des mois passèrent et sur mon Solex je volais vers le bahut. Dans son sillage la vie frémissait et glissait des uns aux autres. Nos Rouge invendus, nous les déposions le vendredi soir au fond de la vieille salle de musique. Un accord avec le prof à tête de Trénet, défroqué du PC. Nous discutions, assis sur les marches de l'estrade. Dans la pénombre le parquet exhalait son odeur d'huile. Cela ne durait que quelques minutes, mais elle était à moi. Pour faire durer, j'apportais des clopes et parfois un joint. Puis nous nous mettions à délirer sur Lawrence, la Palestine, les désert et des dunes. Je ne sais plus pourquoi. Mais elle était la seule à ne pas rabâcher des trucs féministes.

Un soir elle déposa sa pile de journaux, se pliant comme un serpent. Elle se retourna pour me parler et surprit dans mes yeux toutes ces envies où je trébuchais. Pourquoi faut-il qu'elles nous lisent ainsi ? Sans un mot elle me prit le col et tira, me menant derrière les tentures. De lourds rideaux masquant les instruments. Quelque part dans le lycée, au loin, dans ce soir de printemps grondait une AG contre les lois Debré. Elle étendit nos vestes vertes entre les pupitres des cymbales et un banc de bois. Agenouillée, avec son sourire qui murmurait. Je lui ai touché les cheveux et me suis enivré de ses seins. Je la regardais dans les laques du piano. Dansante et si floue.

Le sexe est-il de gauche ?

Moi aussi, cette question aurait pu me surprendre. Mais il est des écrits comme des humains : on les croise. Déjà, je sais que je triche. Le livre dont je vais parler s’intitule « La gauche et le sexe », et non « le sexe est-il de gauche». Il est publié chez Danger Public, écrit par Anna Alter et Perrine Cherchève, toutes deux journalistes à Marianne.
Un livre de journalistes, bien documenté, fourni, enlevé.


On tentera de comprendre cet étrange paysage : selon une étude (sic), les pratiques (sexuelles) du Modem arrivent en tête dans plus de 30 % des cas ; les extrémistes de gauche s’avèrent plus « coincées » ou alors « soumises » (aimant être attachées ou avaler) ; les activités sexuelles du viré du PCF l’architecte Roland Castro, mao fondateur de la revue « Tout ! », les revendications des homos et celles du MLF qui hérissent tant la gauche.

On devine qu’il s’agit de dire comment les féministes furent roulées dans la farine par les hommes et les partis de gauche.
Au-delà, c’est de nostalgie dont il s’agit. Et c’est peut-être là un vrai livre sur 68, après les énormités que l’on a pu lire ici et là.

Mai fut une pulsion. Une pulsion contre la mort et l’immobilisme d’une France surannée. Contre l’ennui, la douleur et la destinée faite aux femmes, bien entendu. Le sexe était-il central ? Et comment.



« La gauche et le sexe », Anna Alter et Perrine Cherchève, Ed. Danger Public.


Une physique du piaf

Chronique France Inter du 12 nov. 2007

Qui a dit que la physique était un univers impitoyable et austère ? C’est tout le contraire : rigolade, poésie, des sourires dans les yeux des enfants. Vous aimez les expériences de physique amusante ? C'est par ici, mesdames et messieurs, pour la plus épatante et mystérieuse galerie de l'universssssss !
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Cela se trouve, entre autres, sur le site de Daniel Cordier, enseignant de l’Ecole Nationale Supérieure de chimie de Rennes
Un inventaire selon Prévert :

- L’oiseau buveur
- La fusée à eau
- Le balancier mystérieux
- Le bozo-bozo
- L’aimant qui ralentit…
- Les boules de Newton…
- La fabrique du hasard
- Le tube paresseux

L’oiseau buveur, tout le monde connaît.

Non ? Il s’agit du pioupiou que l’on accroche au bord d’un verre remplit d’eau. Un fois perché, on lui donne à boire en lui mettant la tête sous l’eau. Puis l’oiseau se redresse, ventre plein. Quelque temps après, cela dépend de la température, de la vitesse du vent et de bien d’autres choses qu’il faut comprendre, l’oiseau s’incline à nouveau et retourne boire de l’eau tout seul.

Se met en place un incessant et mystérieux mouvement de va et vient, sans fin. Le mouvement perpétuel, d'une certaine sorte.

Mieux qu’un aquarium, particulièrement reposant, après une journée harassante, si vous êtes un responsable placé sur le front des conflits sociaux, par exemple.

Il y a toujours un truc. En fait ici le secret c’est que l’oiseau est une machine thermique. Une partie de l’eau s’évapore par… sa tête !

Mais chhhhtttt je vous laisse découvrir le reste. Sachez encore que cela est fort sérieux. L’oiseau buveur a fait l’objet de publications dans « American Journal of Physics »

Bon, un autre : la fusée à eau ?
Non trop connu… dont la pression se relâche brutalement, oui, et l’enfin décolle en laissant l’eau derrière lui.

Le bozo bozo ?

Il s’agit du le tout bête bâtonnet cranté au bout duquel il y a un petit avion à hélice. Lorsque l’on frotte le bâtonnet, l’hélice se met à tourner. Pas si simple à expliquer, en fait, pour un physicien…

Et tiens, je vous propose de vous servir de votre appareil photo numérique. Certains d’entre eux sont sensibles à l’infra rouge. Il suffit d’acheter dans le commerce un filtre à infra rouge, de le mettre devant l’objectif, et vous aller voir le monde autrement.

Cela va vous révéler ce rayonnement qui nous entoure, qui nous est invisible car nos yeux ne sont pas capables de le percevoir, mais que nous émettons, vous et moi…

Un site, celui de Fumio Hanano, Photographe, avec des images infra rouges
C’est poésie encore et plus.
Cela fonctionne très bien avec tout ce qui est vivant.
Donne une allure irréelle aux choses.
D’irradiants nus.

Et me fait penser à Blow up, vous savez, le film d’Antonioni, avec Jane Birkin, et la pelouse repeinte à la peinture, afin qu’elle apparaisse plus verte. La pelouse, pas Jane.

Et vous ai mis le lien d’un site ou l’on peut imaginer être Newton, tirer avec un le plus gros canon du monde à l’horizontale, pour voir à quelle vitesse le boulet se mettra en orbite autour de la terre, avec de jolis dessins et des bruitages délicieux si vous vous prenez le boulet sur le derrière de la tête.

Encore, chez Cordier : le tube paresseux. C’est celui de l’aimant qui voyage dans un tube en cuivre et met plusieurs secondes pour en ressortir, sous l’effet du champ magnétique ralentisseur, un vrai coussin !

Physique amusante, je vous dis. Il suffit de le taper dans un moteur de recherche, même « fun physics », si vous maîtrisez le shakespearien. Vous serez surpris par l'averse de choses que vous recevrez.

Hé, mais ne vous endormez pas. La physique amusante c’est aussi dans la vie de tous les jours.

Tout part d’une question et d’une observation qui donne envie.
« Pourquoi les voitures dans la file d’a côté vont-elles toujours plus vite ? Suis-je puni par les dieux ?»
En fait si vous faites une observation sérieuse, vous découvrirez que cela n’est qu’une illusion, due au fait que vous regardez vers l’avant et que la vitesse relative des autres paraît plus importante !

Attention, si vous commencez à démonter des bidules et des trucs et à vouloir faire de la science bricolo, prenez conseil. Ne faites pas cela tout seul, l'amusant peut conduire au formol… Je connais un gamin qui s’est électrocuté en voulant obtenir de l’hydrogène dans la cuisine de ses parents : moi. Je ne m'en suis jamais remis, la preuve.


Pour finir, une autre histoire, trouvée sur le site de Mac génération.

5000 ordinateurs portables d’une marque à la pomme croquée vont rejoindre les écoles de la ville de Kansas City, en libre service. L’expérience c’est que moyennant 25 dollars d'assurance les enfants pourront repartir avec un portable tout neuf.. Là ou cela devient drôle, c’est que les grand moyens ont été mis en oeuvre pour sécuriser les machines : GPS pour suivre une machine volée et un système pour détruire le disque dur à distance !

Ah le progrès.


LIENS

..site de Daniel Cordier..

.. american journal of physics (oiseau buveur)..

.. Photographie d’art en infrarouge..

.. Fun physics
..


.. le canon de Newton..

.. l’écoulement laminaire réversible..

.. Mac Génération (les portables détruits à distance)..

Alerte aux pôles. Vidéos 3 et 4

La série des questions aux chercheurs des pôles se poursuit.
(pour les isoler, utiliser les tags, ou libellés, sous le message)

A propos du réchauffement et à l'occasion de l'année polaire 2007/2008, le CNRS et l'IPEV (Institut Polaire) m'ont proposé d'imaginer et de réaliser une trentaine de brefs entretiens avec des chercheurs (merci à eux !), pour le public le plus large, au format videocast.

La série est complétée, chaque semaine, de 2 nouvelles questions.
Egalement disponibles sur Lci.fr et le site du Cnrs


Antarctique : comment les manchots se reconnaissent-ils ?


Antarctique : pourquoi des animaux si peu craintifs ?

Melany

Je suis à Frisco. Chez Jam. Jam filme les dauphins depuis la passerelle des bateaux de pêche, lorsqu'ils les massacrent. Il s'embauche cuistot ou mécano, caméra dans le slip. Ses images de la tuerie ont fait coffrer pas mal de fumiers de l'océan. On les voit, sur les films, qui se bidonnent lorsque les filets remontent et que les poulies crantées écrabouillent les souffleurs. Il sait, Jam, que se battre avec eux, c'est comme s'asseoir sur un caillou et essayer de lui parler. Un équipage viré, un autre embauché. Allez surveiller ce que font tous les pauvres types que porte cette terre. Il le sait. Il le fait. Il filme et gueule. Sinon, autant aller tout de suite danser avec les macchabées.

La maison de bois branle sur la colline. Le matelas nu sur le plancher. L'odeur d'herbe, la pluie d'hiver, le tintement des grelots à vent. La pente de ces rues avec douceur roule et verse dans l'océan tous ceux qui ont trop voulu ou trop bu. Le franciscain, le brouillard et son Golden Gate qui gémit de toutes nos belles envies suspendues à lui. Alcatraz se visite. Par ici dormait Capone, attention à la marche m'sieur dames. Il y a un drapeau qui flotte à l'envers. Manque plus qu'un régiment de majorettes et je me croirai il y a quinze ans, reporter et content. Tzim Boum.

Melany a ses cheveux emmêlés autour d'elle. Son dos contre moi. Elle a coincé ma main entre ses cuisses. Elle me brûle. Comme on faisait dans les seventies pour dire à l'autre que ce que l'on pouvait lui donner de mieux, c'était baiser en paix. Et puis roupiller, que ce soit sur la poussière du Mali ou dans les draps de Tokyo.
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J'ai froid. Même dans le creux de mon rêve, putain, ce que j'ai froid.
Je ne suis pas à Frisco moi. Le poêle doit être éteint.
Je ne me réveille pas.
Je hais ça.
Je m'accroche à rester profond.
C'est toujours lorsque les rêves ont de chauds nichons qu'il faut les assassiner.
J'ai froid.
C'est sûr cette saloperie de poêle est éteint.
Alors j'envoie mes jambes en l'air, près du nez, et je saute de la couchette, le sac autour de moi. Momie et lambeaux de rêves.
J'espère tomber.
Me rendormir, assommé.
Mais non, ça tient debout.
Debout dans le carré. Saucisson réveillé, un oeil ouvert. Le sac au sol. Nu. Sans rêves. Nu et amer.
Il doit être deux ou trois heures du matin, on entend mes dents qui claquent, et plus les dauphins qui respiraient autour du bateau.
Pas un grincement, pas une drisse qui siffle, rien.
C'est fou ce pays. Tu te prends 50 noeuds de vent en dix secondes. Tout fume. Les rachas dégringolent la Cordillière Darwin et réclament la peau que tu laisses sur les amarres et la chaîne, à te bagarrer pour que le mouillage tienne. Et puis tout se calme plus vite que l'on change de bottes.
Autour de moi l'air pisse de froid et même dans le noir, je vois mon haleine blanchir comme celle d'une baleine.
Je m'ensevelis dans mon froc et deux ou trois pulls. On ne compte plus. On empile.

Je tousse. Melany est en moi. Il y en eut, des nanas parachutées sur ma vie et à ma surprise certaines ont été jusqu'à ramper avec moi dans la confiture. D'autres sont parties sans même fumer une cigarette ou faire semblant. Melany ce ne fut que deux ou trois nuits. Sans être à moi, puisque Jam dormait dans la chambre d'a côté et que cela ne posait de problème à personne. Sans être à personne elle traversait l'air et c'était tout. Elle passait en me disant : "toi, faut que tu arrêtes de croire". De croire quoi ? Elle ne répondait jamais. Elle me regardait, sans sourire des lèvres, mais avec son nez. Un nez qui se plissait entre les yeux. Elle était tout. Je faisais le malin, semblant d'avoir compris pour à la nuit encore toucher sa peau.


Je crie en silence. Je n'avais refermé le capot de la descente qu'à moitié et en grimpant sur le pont il ne me rate pas. Cela saigne. Vieux comptes. Vieux amis.

Mais là, dehors. Jamais vu ça.
La coque de ce bon vieux Juan Sabulan vole dans le ciel.
Le voilier est cerné.
On ne voit plus rien que le ciel, en bas, en haut, partout.

Je montre du doigt, j'y crois pas, l'eau noire des mouillages perdus de Patagonie. Je montre le ciel, la même encre qui coule dans la mer. Il y a bien le glacier là, et sa pâleur qui ondule dans la nuit. Je m'en fiche. Je remontre l'eau, lisse comme du chocolat. Et puis le ciel, profond comme mon vertige de Melany.

Chacune, la moindre de ces putains de milliards d'étoiles est tombée dans l'eau, y a fait son double, dans cette eau lisse, pour me dire que je flottais, nulle part ailleurs et partout.

C'est ce qu'elle disait, Melany.

Je ne sais que flotter.

Le cri du poulpe

Chronique France Inter du 5 nov 2007

Vous vous sentez en forme ? Et bien sachez que vous pourriez l’être trente fois plus ! Plus résistant, plus actif, et tout…
Vous avez entendu parler de Super souris, super mice ? Un sujet qui a fait courir les blogs de science ces derniers jours
comme le site "le fermenteur à bioréaction", qui traite de biologie, et qui nous parle de la souris « Lance Armstrong »

Bon allez, on la trouve aussi dans la grande presse, cette souris, comme au Monde.fr

Mais parfois rien ne vaut l'original : je vous conseille le site du Journal of biological chemistry, qui a publié l'article original
d'une équipe de la faculté de médecine de Cleveland (Ohio), dirigée par Richard Hanson

..foto..

On y trouvera une fabuleuse Vidéo. Où l'on voit une souris normale et la souris génétiquement manipulée, courir côte à côte, sur un mini tapis roulant à a 20mètres par minute et sur fond de musique « Rocky Balboa ».

Et bien à ce supplice du marathon la souris normale tient 200 m soit dix minutes !
La super souris que sur les blogs on repatise Lance Armstrong tient 6 kilomètres soit 30 fois plus !

L'amélioration des capacités s'explique par une consommation d'oxygène plus élevée de 40 %, et la faible production d'acide lactique musculaire, dont l'accumulation entraîne les crampes.

Ce n'est pas tout : les souris créées par l'équipe de Richard Hanson mangent 60 % plus que les autres mais leur taux de graisse est deux à trois fois moindre ! Le rêve quoi ! Et en vieillissant, elles semblent davantage en forme

La super souris se nomme PEPCK-C. Un nom qui provient de la transformation génétique effectuée : la surexpression dans le muscle du squelette du gène d'expression de l'enzyme "phosphoenolpyruvate carboxykinase cytosolique".

Une enzyme impliquée dans la synthèse du glucose, le carburant des cellules.

Voulant étudier le métabolisme énergétique, les chercheurs de Cleveland se sont tournés vers cette enzyme et ont fabriqué des souris où elle est 3 fois plus présente que chez leurs cousines "normales"
La recherche pharmaceutique s'intéresse de près à la souris Armstrong, bien sur

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Une mauvaise nouvelle, par ailleurs
Washoe est morte

La femelle chimanzé qui avait défrayé la chronique en son temps, car elle avait réussi à apprendre une part de langue étrangère, la notre, enfin celle des sourds, une partie de la langue des signes, et lui permettant de correspondre avec les humains.

Pour savoir qui était cet animal d’un âge respectable de 42 ans, je vous suggère de vous rendre sur le site des amis de Washoe, en anglais, mais il y en a bien d’autres. Et la question du langage chez les animaux reste très polémique ! Mais cette idée de vouloir apprendre une langue humaine aux animaux est au fond, assez étrange…

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LE CRI DU POULPE
Oui, on a découvert que le poulpe parle, enfin crie, sous l’eau
C’est publié sur « bulletins électroniques », un site de veille techologique
Des scientifiques ont enregistré pour la première fois le son émis par le poulpe . Cela s’est produit par hasard, lorsqu’un poulpe, harcelé par un groupe de poissons des côtes des Baléares, a « crié » devant la caméra d’un plongeur.
En analysant la bande son les chercheurs ont identifié, pour la première fois, ce bruit. Un son semblable à un coup de feu. Jusqu'à présent seuls des bruits émis par des calamars au moment d'expulser l'eau avaient été enregistrés. Reste à savoir comment le poulpe produit cette sorte d’explosion sonore.

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SMS
Pour vous dire que selon une étude récente Les anglais "larguent" beaucoup par SMS. Selon une étude menée par l'institut uSwitch, ils seraient six millions à avoir appris la fin de leur relation ainsi.

Selon la même étude il faut en moyenne et pour un homme cinq SMS pour arranger un premier rendez-vous, alors qu'il en faudra 6 pour les femmes. Il faut toutefois noter qu'une personne sur cinq refuse de rencontrer une personne qui ne l'aura jamais appelée. On arrête pas le progrès, non ?

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TOUR DU MONDE
Et puisque la Transat du café est partie ce week-end
ici je vous donne de temps à autre des nouvelles de Jacques Riguidel notre navigateur en solo écolo sur son mini-bato
position : entre dans les quarantièmes, au large de l’Afrique du sud..
tout va bien à bord, juste une épaule froissée, après une escalade dans le mât...
Plus que six ou sept mois, selon le vent

LIENS
Super Mice
..souris qui court..
..article scientifique..
.. video..


Washoe
..in memoriam..

Le cri du poulpe
..decouverte..

Moeurs SMS
..cellular news..

Tour du monde propre
..Riguidel solo écolo..

Alerte aux pôles : 36 vidéos brûlantes (1 et 2)

A propos du réchauffement et à l'occasion de l'année polaire 2007/2008, le CNRS et l'IPEV (Institut Polaire) m'ont proposé d'imaginer et de réaliser une trentaine de brefs entretiens avec des chercheurs (merci à eux !), pour le public le plus large, au format videocast.

La série sera complétée, chaque semaine, de 2 nouvelles questions.
Egalement disponibles sur Lci.fr et le site du Cnrs


(1) Réchauffement : la part de l'homme ?


(2) Dans quel état se trouve la banquise ?

L'incroyable voyage de Jacques

... Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin. ...
(Arthur Rimbaud, Le bateau ivre)


Cher amis, je voudrais vous parler de Jacques.
..Jacques Riguidel...

Pas Eugène, le coureur à la voile et écolo célèbre, non. Jacques. Rien à voir.
Vous ne connaissez pas Jacques ?
Moi non plus, pas intimement, même si je vous en ai déjà glissé un mot sur mon ..blog.., il y a quelques jours.
..foto..
Personne ne connaît Jacques. Personne je veux dire les grands médias. Quelle chance (c'est mon illusion, oui), car à mes yeux il est l'antagoniste, sur la scène du théâtre des médias, de ..Maud Fontenoy..
D'ailleurs si vous voulez papoter avec Jacques, cela va être difficile. Il n'est pas joignable. Il est loin en mer, Jacques. Sur son minuscule bateau de neuf mètres, dans le coin où se dressent les plus grosses vagues du monde, quelque part entre l'Afrique du Sud et le cap Horn. Et il a emporté si peu : ni radio ni téléphone, rien qu'un petit mail par satellite dont il restreint l'usage à rassurer ses proches.

Il fait le tour du monde en solitaire, sans moteur, sans génératrice. A bord règnent la lampe à pétrole, le panneau solaire, l'éolienne, et le régulateur d'allure (pilote automatique fonctionnant au vent)

Pourquoi ?
Pour la gloire ?
Non. Nul plan média à l'horizon.
Pour rien ?
En fait si.

Jacques est un navigateur-écolo. Il égrène ces neuf mois tout seul sur son esquif (un peu plus long que la dérive de huit mois, dans mon roman) entre cargos, baleines, coups de vent et grandes houles pour montrer qu'un homme seul, sur un petit bateau simple et solide, avec le minimum d'énergie, le moins de technologie-gadget peut faire autant et davantage que les grands quatre mâts d'antan, que les destriers de course aujourd'hui : le tour du monde sans escale, par les trois caps, à virer l'Antarctique !

Jacques j'en ai entendu parler un jour, par mon amie Nicole van de Kerchove. Elle m'a fait comprendre que que Jacques était un type bien. Et à mes oreilles, lorsque Nicole la navigatrice dit cela, cela n'est pas rien.

Je suis allé sillonner son site, à .. Jacques..
Je vous encourage à faire de même.
Il y a toutes les explications, ses brefs messages quotidiens, des cartes avec sa position.

Et si vous n'avez pas le temps, je vous donnerai des nouvelles de lui, de temps à autre, sur mon blog. Quelques mots. Quelques échanges par l'intermédiaire de sa compagne qui feront que nous aussi, serons un peu à bord de son minuscule bateau, à entendre le vent siffler, à nous dire que le progrès n'est pas fait que d'impasses et de gâchis.

Nous avons su construire une civilisation technique. A nous de la rendre plus humaine, désormais...

Ce sont mes mots. A mon avis, Jacques trinquerait à cela. On en parlera à son retour.

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Son dernier message :
(le 1er novembre)
GREENWICH

Passage à l'Est cette nuit.
Vent de Nord et 170 milles humides.
Température 15 degrés à l'intérieur. Les vêtements polaires sont désormais obligatoires.
Dehors le temps est bouché.
Alternance de pluie et de crachin.
Je dois faire attention à ma consommation électrique.
J'éteins chaque appareil dès qu'il ne sert plus... comme à la maison !


et ce mot "spécial" pour le Complot des papillons, en direct du grand large :

Le jour du départ de Port Médoc, ma mère m'a dit "tu es le meilleur".
Non. Je ne suis en compétition contre personne.
Etre meilleur et non le meilleur, c'est plutôt ce que l'éducation doit promouvoir.
L'idée de compétition aboutit dans tous les domaines à des excès car les règles qui sont censées normaliser les relations sont toujours en retard sur les pratiques.
En mer une petite erreur ou un oubli sont rapidement sanctionnés ; dans ce sens, je me force à être meilleur mais "le meilleur", çà ne veut rien dire.