BHL et les cadavres

C'est vertigineux, notre troupeau de vaches sacrées osant à peine interrompre le jongleur de mots. On peut être d'accord ici et là avec BHL. C'est sa force. En désaccord aussi, tant il tonitrue pour le plaisir d'entendre le vent emporter ses propos. Tant il bat des jeux de cartes truquées au point que lui-même ne sait plus lesquelles vraiment jouer. Tant il se complait à entretenir son auto-fiction d' "intellellectuel".

Peu importe. Il suffit d'écouter. De sentir là où monte sa haine. Là où niche sa colère. A chaque fois que "l'homme à la chemise blanche" sort de sa tanière pour s'en aller par nos médiatiques prairies, comme ces jours-ci pour écouler son dernier livre à la gloire de la Candidate, il ne s'emploie qu'à une cause : la sienne. Renforcer sa posture. Cette pose lascive de savant ayant accumulé trop de mots pour pouvoir encore embrasser autre chose que cette brûlure de laisser une marque sur notre époque.

Tout est bon. La chemise convoque Sartre, Camus, et les autres. Elle interpose sa poitrine nue entre ce qu'il faudrait sauver de la gauche et des fusils qui ne tirent plus. BHL est pour moi l'exemple parfait de l'anti-intellectuel : enfilant contresens et idées à double face. Consommant son néant sous l'oeil mort des caméras. Se maintenant en bordure de l'histoire, pour le cas où son temps, enfin, viendrait. Se tenir là, à tout prix. En embuscade sans risque. Tirer sur les lieutenants lorsque les lignes sont stabilisées. Ménager leurs Chefs, comme au temps des armées Royales. Ceux-là sont de la caste. Ne rien dire non plus contre les crétins utiles, qui peuvent encore servir et soutenir...

Laissons de l'espace pour manoeuvrer et présentons-nous comme l'un des acteurs de la réconcilation future avec le peuple, qui viendra, bien entendu, après ces escarmouches policées.

La gauche a besoin de penseurs. Ils existent. Ils travaillent en paix, si loin de ces micros et caméras qui ne savent plus trousser que de vieux corbeaux.

Mais que faire de ces omniprésents avatars, et de celui désigné par trois lettres ?

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