Tartuffes Madoff


foto

Voyez ces "pauvres" gens sur qui les tambours des médias planétaires résonnent : les victimes de Madoff. Ces malheureux, dont les économies tombèrent entre les griffes du "plus grand escroc" que le monde ait connu. La morale libérale est sauve. Le vieux grigou finira en prison (150 ans cela signifie qu'ils vont conserver son cercueil dans un cachot ?).

Dans cette "qualification" de l'affaire par le choeur planétaire des médias, quelque chose m'épate. L'on nous martèle comme entendu que si quelqu'un de bien mis et coiffé vous propose confidentiellement des rendements "surs" à deux chiffres il va de soi que vous, destinataire de cette "offre" ne vous poserez que fort peu la question du quoi, comment, qui, pourquoi ?

Etonnant, non ?

Les données économiques sont historiques et publiques. Elles sont inscrites dans les cours des changes, des bourses, des matière premières, des flux de migrations, des statistiques sur l'éducation et la santé. Certaines figurent même au rayon révolution et conflits armés. Il suffit d'ouvrir un bouquin d'initiation à l'économie, ou même de conduire une recherche sur le Net.

Que des gens capables de voter, possédant quelques économies, donc pourrait-on supposer pas absolument crétins, puissent oser espérer 12 % et plus de rendement net en faisant mine d'ignorer qu'il exposent leur capital à un risque, ou alors que cela se fait au détriment de la ressource naturelle, des travailleurs pauvres, de l'emploi, du reste du système financier, de l'esprit même d'entreprise à dimension citoyenne et sociale, de la répartition de richesses, de la démocratie dans certains pays, ces gens là dis-je, sont autant condamnables pour leur cupidité que Madoff l'est pour son "ingénierie".

S'aveugler. Agir dans sa bulle, dans son coin, faire mine d'ignorer que la bagnole rutilante, le vaste bateau, le jet glouton, les appartements "de réception", l'île paradisiaque, la résidence avec vue unique sur la mer sont l'expression de la plus rapace et suicidaire pulsion. L'immense et inoxydable délit de connerie.


Non, Madoff est la seule victime de cette affaire. Mettez-vous à sa place. Comment résister à la tentation ? Comment ne pas profiter de la vénale stupidité de tous ces prétentieux en cravates et robes du soir, de ces dodus cochons pétant de bonheur platine sur leurs pelouses de Palm Beach. Et au passage de la médiocrité de ces prétendus gestionnaires qui prennent (cela continue !) soin de fermer les yeux sur la logique des produits financiers qu'il fourguent par bennes à leurs clients.


Pour l'avoir tant d'années flattée, caressée, enjolée, Bernie n'ignore rien de l'âme de ces possédants. Le pauvre en connaît si parfaitement l'inextinguible voracité qu'il ne peut résister à cette tentation qui palpite, là, au bout de ses doigts. Il se lance. Il va monter une comédie plus mal ficelée que le magicien d'Oz, afin de soulager de leurs lingots tous ces myopes rendus aveugles à force de ne vouloir rester sourds aux médiocres réalités de notre monde.


Les vraies victimes des Madoffs et consors passent dans le même journal télévisé. Mais pas au rayon "jet set" spoliée ou retraités dans leur salon rose. Voyez au rayon licenciements. Au rayon accident dans une mine en Chine. Au rayon des cadavres retrouvés sur les plages de Cadix.

Vous ne voyez pas le lien entre les deux ?










1 commentaire:

Tietie007 a dit…

Madoff a utilisé une vieille technique qui est appelé, en France, la chaîne d'or. Pour entrer dans cette chaîne, il faut donner des sous à un parrain puis trouver, soi-même, deux filleuls qui vont vous donner des talbins et qui eux aussi doivent trouver ...etc ... Ceux qui commencent la chaîne, vont toucher, et les derniers, qui ne vont pas avoir le talent de trouver deux couillons, vont perdre leur mise ...
Pour Madoff, ceux qui sont depuis longtemps chez lui ont du gagner beaucoup d'argent, les derniers arrivés ont tout perdu, it's life !