Comique de plastique (ou Rotschild en bouteille)


Hier, je suis tombé sur le blog de Plastiki.

Comique ? Dramatique ?

Oyez ce membre de la famille Rotschild, David, qui fréquente les zones les plus hostiles du globe au nom de l'environnement. Mèche bien mise. Caméra orientée au soleil couchant. Au nom de l'environnement ou du sien ? Tout cela, à y regarder de près, n'est que fumiste et tragique opération de communication.


C'est que pour ce monsieur il s'agit de réaliser une traversée du Pacifique sur un navire pour l'essentiel réalisé à parti de plastiques recyclés, et d'attirer ainsi l'attention sur le gâchis que représente la pollution, le non-recyclage, l'usage effréné des ressources.

Fort bien dira-t-on. Ou est le problème ?

D'abord ce sinistre chevalier noir de l'"environnement" sauce business et tête de gondole fait sponsoriser toute son opération "exemplaire" par de grandes marques de luxe et de consommation, dont le concept même repose aujourd'hui sur l'insatiable désir, le gâchis, le pillage inégalitaire.

Aux antipodes du partage et de la responsabilité face aux générations actuelles et futures.

Deuxième point, et je m'arrêterai là, monsieur David oublie de préciser que ce navire qu'il juge "intrépide" (rendez-vous compte, des coques faites de bouteilles de soda recyclées) est un fait une gigantesque moquerie. Une mise en scène. Un trompe l'oeil. Tiens, pour les prochaines vacances à Noirmoutier, faites donc comme lui. Louez une coque de noix et attachez sur les côtés quelques bidons vides et boîtes de chocolat en poudre. Cela produira le même effet, et pour si peu vous vous sentirez dans la peau d'un intrépide conquérant du plastique et des injustices du monde.

En outre, tiens, comme par hasard, notre David oublie avec grand soin de préciser qu'à l'été 2008 et à bord de JUNK, 2 jeunes chercheurs avaient déjà traversé le Pacifique sur un radeau intégralement constitué de déchets pour lancer un authentique cri d'alarme.

De Plastiki s'il fallait retirer tout ce qui n'est pas déchet mais recyclage gaspilleur de CO2, de technologies et de budgets, de matériaux et de systèmes de communication par satellite, il ne resterait rien ou presque. J'exagère ? A peine.

Et si l'on me trouve un peu raide avec ce gaillard de carnaval, je souligne que je glisse dans le même sac à plastoc, peu ou prou, les Arthus-Bertrand, Hulot, Maud Fontenoy, Jean-Louis Etienne et autres propagandistes de l'aventure devant caméra et horizons lointains, aventures trépidantes conduites de préférence au nom du sauvetage des espèces et de la qualité de l'eau et de l'air, et si possible en empochant au passage royalties, droits d'auteur, retombées, prestige, visibilité médiatique et politique.

Oui ce propos est un peu sévère. On me répond parfois que la pédagogie par l'exemple cela existe. Et bien non. Je crois que dépasser les bornes produit désormais l'effet contraire. Nous ne sommes plus à l'époque des Bombard, des Tazieff, des Victor et Cousteau.

Trop c'est trop. Désormais en prétendant réconcilier notre société et la "nature" nos écologistes de bazar (écoutez Maud Fontenoy parler du recyclage et si vous n'êtes pas plié de rire consultez Beethoven) ont ouvert une filière (un filon) dont les derniers avatars oeuvrent autant en faveur de la planète que des patineuses sur glace qui se verraient soudain prises d'un remords en rapport avec l'énergie dépensée par la fabrication de toute cette glace en été et pour faire bonne figure enfileraient des jupes bananes empruntées à Joséphine Baker.

Ils rendent l'écologie, la vraie, la seule, ridicule. Ridicule aux yeux du monde le plus vaste.

Dansez braves gens. Pendant ce temps là les affaires continuent.

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