Oublie la bagnole

Le pire, à propos de la crise, serait bien le retour de la "bagnole".
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Au lieu de saisir cette historique et hystérique chance de s'en débarasser, au moins un peu, de la considérer avec des pincettes (oui je sais ce n'est pas sympa-sympa pour les travailleurs du secteur mais pardon c'est un peu plus compliqué que cela...) et de construire un autre rapport à l'espace et à l'objet...

Au lieu de tirer les leçons de cette première déflagration des géographies et raretés des "ressources" : main d'oeuvre esclave en Asie, acier, pétrole (la crise financière constituant le produit de la plus vaste intox financière de tous les temps pour masquer que les Etats-Unis ne sont plus le parfait empire des usines et ne le seront plus jamais).

Au lieu de changer, par trouille reproduire les anciens modèles économiques (gaspillage, consommation, pseudo-croissance), dont on croit connaître l'efficacité, balayant les tensions des marchés et des sociétés accrues en vue de la prochaine explosion (crise sociale en Asie ?)

Tiens à propos de bagnole, saluons la naissance de "BOOKS", hier soir, à Paris, sous la poigne d'Olivier Postel Vinay.

Sorte de Courrier International des livres. Pas une mauvaise idée. Une info tirée de leur site :

Les routes apparemment les plus dangereuses sont, en réalité, les plus sûres : voilà la plus étonnante des innombrables révélations qu’apporte la lecture de Traffic, estime Mary Roach dans le New York Times.

Ce n’est pas le danger qui tue, mais le sentiment de sécurité. Médusée, Ariane Krol rappelle ainsi dans La Presse cette histoire édifiante : « Dans la nuit du 2 au 3 septembre 1967, la Suède a imposé un virage à 180° aux automobilistes. Eux qui avaient toujours circulé à gauche ont dû adopter la conduite à droite. Résultat ? Le nombre d’accidents a diminué ». Dans la même veine, les autorités finlandaises ont dû se rendre à l’évidence : l’absence de panneaux réfléchissants dans les virages dangereux diminue la vitesse et donc, le nombre d’accidents.

Faut-il voir là l’effet inattendu d’une ivresse du pouvoir fort commune à tout être humain qui prend place derrière un volant ?

Pas sûr, plaide Bryan Appleyard dans le Sunday Times : « Le problème ne tient pas seulement à la puissance accumulée sous le pied droit des conducteurs, mais aussi à leur exclusion de toute relation humaine normale ». Tout rappel à l’humanité de l’autre rend raisonnable.

Exposés au regard des autres, les conducteurs de décapotables sont plus attentifs. Et « nous sommes plus prudents avec un passager à bord ou dans notre propre voisinage », rappelle Michael Agger dans Slate. Ce livre étonnant, « sans doute le meilleur jamais écrit » sur la conduite et la route selon l’écrivain Will Self dans le Daily Telegraph, est traduit ou en cours de traduction dans douze langues.

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