Parle-moi du chat

(Chronique sur France Inter, le 1er oct 2007)

Sur un blog étrange, dont je vous parlerai dans un instant, j’ai rencontré un chat extraordinaire.

Ce chat s’appelle Oscar. C’était un chaton abandonné, recueilli en 2005 dans la bonne ville de Providence aux Etats-Unis, état de Rhode Island, dans un établissement de soin pour personnes âgées. Un de ces endroits où l’on soulage, en fin de vie, des personnes frappées de maladies de Parkinson ou d’Alzheimer. Et devinez à quoi il emploie là ses journées, Oscar ?

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Il parcourt les couloirs et les chambres, grimpe sur les lits et s’allonge aux côtés de ceux qui vont mourir entre deux à quatre heures plus tard.

Du moins cela s’est produit plus de 25 fois, souligne le Dr David Rosa, le gériatre responsable de l’unité de soins du « Steere House Nursing and Rehabilitation Center ». Et Oscar le chat ne se trompe jamais. S’il s’installe à vos côtés, c’est très mauvais signe…
David Rosa a été suffisamment intrigué pour surveiller Oscar de plus près et publier ses observations dans un article paru cet été dans le New England Journal of Medecine.

Le plus étonnant c’est que le chat fait des visites, sa tournée des chambres, un peu comme les médecins, dans cet étage des malades en phases terminales, renifle et s’arrête chez certains patients. Il demeure là, jusqu’à la fin, des heures durant, pelotonné contre eux, alors que sinon, c’est un chat qui déteste être touché ou caressé.

Est-ce horrible ? Au contraire, estiment les soignants. Les patients, en fin de vie, ne sont pas conscients, et les familles, elles, soulagées. Du moins savent-elles à quoi s’en tenir et peuvent, à l’ultime moment, être là pour accompagner le mourant.
Certains se demandent si le chat note des odeurs particulières, ou décrypte le comportement , même inconscient, du personnel soignant… Peut-être plus prosaïquement le chat aime-t-il être là pour une raison opportuniste, comme une odeur, ou la température corporelle des patients…

Il faudrait mener une étude détaillée… Comparer combien de temps Oscar passe sur le lit des mourants et ailleurs, etc …
Mais dans ce centre de soins on semble penser que tout cela n’est pas très important : Oscar a sa plaque, apposée dans un couloir : « pour mérites et soins compassionnels »

A propos, le blog où j’ai déniché cette information, et dont je souhaite vous parler n’est pas moins étrange que cette histoire de chat.

Il s’agit de Youdeparted.com

Un site et un blog qui propose aux morts de communiquer, par mail, avec les vivants.
YouDeparted vous offre de confier vos dernières volontés au cyberespace d’où elles seront transmises, après votre mort, aux personnes que vous indiquez. La communication peut se faire par mail, mais rien n’interdit d’enregistrer un podcast, une vidéo.

Vous pouvez y déposer votre testament ainsi que les dispositions concernant votre enterrement, les mots de passe de vos comptes en banque en Suisse et aux Bahamas, ou alors un vidéo qui viendra s’afficher sur votre blog pour dire ce que pensiez de truc et de machin, et révéler vos nombreuses vies parallèles…
Plus de commentaires sur le blog « technos » de Nick Carr.

En sciences, Je vous signale un blog assez intéressant, si vous êtes amateur de mathématiques et de physique.
Il est l’œuvre d’Alexandre Moatti, « maths-et-physique.net » qui s’inspire de son livre "Les Indispensables mathématiques et physiques pour tous", paru chez Odile Jacob. Pour tous je veux bien. Il faut tout de même un peu être « motivé ».
Il y a des dizaines de blogs sur les maths, mais celui-ci est assez accessible et outre les billets sur le ballon de foot, la couleur bleue du ciel et le rayonnement infra rouge du corps humain, vous y trouverez des devinettes empruntées à des revues mathématiques comme « Tangentes ».

Comme celle-ci :

Un rameur met deux heures pour desecndre une rivière du point A au point B. Et trois heures pour remonter contre le courant. Soit cinq heures en tout. Combien de temps mettrait-il s’il n’y avait pas de courant ?
Je vous laisse chercher, hein ?


Bien plus facile, pour les doux rêveurs, si vous vous intéressez à la géographie, aux fleuves, à la pluie, aux déserts, aux peuples, aux frontières à l’histoire géologique de la Terre,
Le blog passionnant d’un géographe : « pierresansleloup.joueb.com »



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Liens

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.... blog : le chat qui devine qui va partir dans le monde meilleur
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.... Oscar le chat sur Wikipédia
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.... Volontés des morts. Votre revanche depuis l’au-delà.
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..... Blog technologies de Nick Carr
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.... Blog de Moatti (Maths et physique)
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.... Géographie et autres curiosités :
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Le sang dans la brume

Chronique sur France Inter (le 24 septembre 2007)

Entre lacs et volcans, c’est la vaste région de Greystoke et de « Gorilles dans la Brume », pas loin de la cabane de feu Dian Fossey, à la croisée des trois états , la RDC République Démocratique du Congo, le Rwanda et l’Ouganda.

Cette région semble condamnée à servir depuis deux décennies de théâtre aux drames humains : Hutus, populations rwandaises déracinées, forces rebelles, détachements de l’armée du Congo, trafiquants divers, tentent d’y survivre, défrichent, chassent, et aussi se battent à la machette ou l’AK 47, pour des raisons politiques et stratégiques, puisque le sous-sol est riche de minerai et de diamants.
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Au-delà du drame humain, je voudrais vous donner des nouvelles des gorilles des montagnes qui vivent là, avec un blog qui nous permet de savoir ce qui se passe au loin, dans l’épaisseur moite et touffue des forêts équatoriales. Un blog hébergé sur le site de Wildlifedirect.org, et rédigé, à leurs risques, par les rangers du parc national des Virunga.


Sur les quelque 700 gorilles des montagnes qu'on pense encore pouvoir recenser, 380 vivent en effet là, dans ce chaudron de fureur et de sang.

Mais depuis quelques mois se multiplient sur place les découvertes d’un nombre croissant de cadavres.

Des cadavres mutilés ; parfois de familles entières, ou d’individus simplement abattus.

Les fautives en sont-elles les colonnes rebelles de l'ancien général congolais Laurent Nkunda comme le pense le Fonds de protection pour l'Afrique, basé à Londres ? Ou bien les trafiquants de charbon de bois qui, selon Richard Leakey (le paléontologue kenyan), tirent jusqu’à 30 millions de dollars par an de l’abattage sauvage des arbres et de leur transformation en combustible…



Quoiqu’il en soit près d’une douzaine d’animaux rares et protégés ont été massacrés cette seule année.


Paulin Ngobobo, un des plus anciens responsables et gardiens du parc, témoignait sur son blog de la découverte de ces cadavres: "il y a des régions entières occupées par les rebelles ou nous ne pouvons plus aller. Des gardes ont été tués. le gorille, son nom était Karema, un gorille solitaire (...) suffisamment habitué à la présence humaine pour se laisser approcher et toucher. Les gorilles qui restent sont extrêmement vulnérables"





C’est difficile à établir. C’est dangereux, disons. Mais on s’en doute. Certains avancent que les derniers assassinats de gorilles ont été programmés pour affaiblir les gardes aux yeux des autorités. Après avoir été menacé et roué de coups, Paulin Ngobobo a été jeté en prison car la plupart des gorilles ont été massacrés sur son territoire. Pour le compromettre car il est trop actif à et avait mis en cause les trafiquants de charbon de bois sur son blog, rapporte Newsweek.

Depuis l’été d’autres gardes ont repris le blog de Paulin Ngobobo.

Depuis 1994, une centaine de gardes forestiers ont été tués en service. Les rebelles, eux, par exemple, seraient plus de huit mille.


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Infos pratiques :


Par ailleurs, vous savez que le site du New york times est désormais entièrement gratuit, et c’est une aubaine, car il s’agit tout de même l’un des bons journaux de ce vaste monde.
Cerise sur le gateau, sur leur site, il y a aussi quelques blogs intéressants.
Celui qui m’a bien amusé est signé par David Pogue.
Le journaliste chargé des nouvelles technologies y réalise des billets caustiques, mais aussi des vidéos amusantes.
Par exemple il commence un comparatif entre quatre nouveaux appareils photo numériques la mine désappointée, en vous disant que tout cela n’a aucun intérêt, puis il vous montre comme son fiston a passé le week-end a jouer avec son ordinateur et de la pâte à modeler pour créer un film d’animation rigolo.
Tellement rigolo que lui et sa femme s’y sont mis, image par image.
Sa conclusion : ce n’est pas la technologie qui est excitante. Mais ce qu’elle nous permet de faire avec notre cerveau et nos mains.




Et encore, dans cette veine, le blog Transnets de Françis Pisani, sur le site du Monde.fr. On y trouve par exemple cette information sur une nouvelle mémoire, cent fois plus dense que préparerait Stuart Parkin , un chercheur d’IBM, et qui utilise des nanofils (de la taille du nanomètre c’est-à-dire millionième de millimètre, ou un milliardième de mètre) et des aimants microscopiques.
C’est surtout pour vous signaler cet excellent blog à la fois critique et admiratif d’internet.


LIENS


.... Blogs des actions de préservation Wildlifedirect....
....blogs NYT....
.... David Pogue....
.... Transnets : 100x plus de mémoire....

Cygne noir

"Planete Blog" : Chronique sur France Inter. (17 septembre)

Cela commence avec des cygnes : avant la découverte du continent australien, les Européens pensaient que tous les cygnes étaient blancs. La découverte qu’en Australie les cygnes étaient noirs a constitué une surprise de taille. Et ébranlé les esprits.
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Cet exemple, c’est le philosophe et mathématicien Nassim Nicholas Taieb qui le met en avant sur son blog. Il a donné ce titre à son dernier essai, The Black Swan, publié aux Etats-Unis. Et devenu un best seller.

Alors autant ne pas vous le cacher plus longtemps : Taieb pense que les grands évènements nous prendrons toujours par surprise.

Non, pour lui l’avenir n’est pas prévisible.

Pourquoi? Selon lui tout simplement parce que le nombre de paramètres en jeu est trop important, et que les forces en présence nous échappent. Et lorsque nous nous aventurons à vouloir prédire les choses, une découverte, une invention, une catastrophe, un attentat se charge de nous surprendre et de nous ramener à la réalité.


Pour ne prendre que ce domaine scientifique, nous construisons des modèles, des représentations du réel à partir de la surface, de ce que nous observons. Bien sur, il est vrai que cela fonctionne dans certaines situations, comme pour la trajectoire d’une fusée, le comportement des particules élémentaires ou les éléments chimiques manquant au tableau de Mendeleïev. C’est l’immense succès de la science.

Mais cela ne doit pas cacher que les vraies révolutions, scientifiques comme les autres, elles, sont inattendues.

C’est un peu comme si vous confondiez la carte avec la réalité. Vous voulez aller d’Ajaccio à Bonifaccio, en Corse, et vous prenez toujours par la route. Vous avez une carte mentale des lieux en tête. Le jour où vous faites le trajet en avion ou en bateau, vous êtes sidéré. Cela n’a plus rien à voir.



Les découvertes fortuites, l’histoire des sciences en est farcie
Les quasars
Internet
L’ordinateur
La pénicilline
L’electromagnétisme
Le laser
Le scanner
Le Viagra
Le postit
Pour n’en prendre que quelques-uns

La conviction de Taieb est celle d’un observateur de la science, qui se permet de la critiquer de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur. Ell s'appuie sur ses travaux mathématiques, statistiques, mais aussi de son intuition.

Il explique qu’il a grandit au Liban, pendant la guerre. Il y a observé 3 choses
- D’abord que les gens faisaient toujours de faux pronostics sur la fin soi disant imminente de la guerre
- Ensuite qu’ils restaient confiants en l’avenir, malgré les catastrophes quotidiennes
- Et enfin qu’après les drames, les gens faisaient comme s’ils avaient pu les prévoir, comme si l’on avait pu agir sur eux
Ces comportements sont le produit de l’histoire de l’espèce humaine. Ils rassurent. Ils nous rendent le monde plus « vivable ». Mais ils ne fonctionnent pas lorsque les séquences sont plus complexes. Dans ces situations-là nous devenons comme le lapin aveuglé, paralysé par la lumière de la voiture.

Taieb pense que lorsque nous ne comprenons pas ce qui est en jeu, nos réflexes de simplification et de « rationalisation » sont contreproductifs et peuvent conduire à des erreurs d’analyse et d’interprétation. Et cela souvent au nom d’une trop grande foi dans une « lecture » de la situation, une prospective, une théorie dépassée.


Il dit que nous devrions nous mettre sur le chemin des idées nouvelles, améliorer notre exposition à la sérendipidité.

Sérendipidité ?

C’est l’art de trouver autre chose que ce que l’on cherche. Pour prendre l’exemple du Viagra, cela a été de reconnaître que la molécule agissait davantage sur l’érection que sur le muscle cardiaque, et de se servir de cet « effet secondaire » comme tel. Ou dans le cas de la tarte tatin de découvrir qu’une tarte au pomme renversée est meilleure que la normale…

Le mot vient d''un conte persan, "Les trois princes de Serendip",
Serendip désignait autrefois Ceylan,.
C’est l'histoire de trois hommes partis en mission, qui sur leur chemin ne cessent de trouver des indices en apparence sans rapport avec leur objectif, mais en réalité nécessaires.

Celui qui en promut l’usage chez nous, il y a trente ans, est Edgar Morin… dans le cadre de sa théorie de la complexité, après sa rencontre avec Jacques Monod, le biologiste
du « hasard et de la nécéssité ».



LIENS

....Nicholas Taieb....
....et encore....


....a propos du livre de Taieb1....
....a propos du livre de Taieb2....
....a propos du livre de Taieb3....

....serendipidité....


....les 3 princes....

Anaphore et rugby (Chronique sur France Inter le 10 sept 2007)

Vrai de vrai. En ce moment, il y a le rugby et son ballon imprévisible. Mais je vais d’abord tenter de vous entretenir de l’étrange trajectoire des mots. Un peu de poésie :

Il y a une horloge qui ne sonne pas.
Il y a une fondrière avec un nid de bêtes blanches.
Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.
Il y a une petite voiture abandonnée dans le taillis, ou qui descend le sentier en courant, enrubannée.

Cet extrait de Rimbaud, s’appelle Enfance et se trouve sur le site consacré aux techniques d’écriture du poète.
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Mais je vous livre ça surtout parce que les mots, parfois ne sont pas que des mots. Les mots, on peut leur faire faire un peu de science.
A propos, savez vous ce que Rimbaud vient de faire ?


Une anaphore. Une anaphore selon l’encyclopédie en ligne Wikipédia, est un mot ou un syntagme qui, dans un énoncé, assure une reprise sémantique d'un précédent segment appelé antécédent.


Tenez, au hasard des anaphores, Nicolas, notre président, en fait des tonnes. On pourrait même dire que c’est sa marque de fabrique, à notre président. Le plus célèbre de ses discours à anaphores étant celui de Dijon, pendant la campagne électorale, au lendemain du premier tour.
Je le cite :

… pourquoi tant de haine ?
Oui, pourquoi tant de haine ? Parce que je parle de la France ? …
Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que dans l’identité française il y a des valeurs qui ne sont pas négociables ? …
Pourquoi tant de haine ? Parce que je n’accepte pas la repentance ?…
Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que tous les Français n’étaient pas pétainistes ?
Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que tous les colons n’étaient pas des exploiteurs ?
Etc, etc …….

J’arrête ici. Au total, « Pourquoi tant de haine ? » sera répété 46 fois… Une sorte de record hyperactif et mondial de l’anaphore, quoi.

Si des décomptes de ce genre vous intéressent, plusieurs centaines de discours complets de nos politiques de tous bords figurent sur le blog « Technologies du langage » de Jean Véronis, à l’université d’Aix en Provence.

Ce linguiste et informaticien nous précise que ce truc de langage est caractéristique de l’écriture ’Henri Guaino, l’une des fines plumes officielle du candidat Sarkozy.


A quoi cela sert-il d’étudier et d’observer cela ? Par exemple à analyser l’intention de celui qui a rédigé le texte. Ou alors à identifier les valeurs mises en avant, à cerner leurs évolutions, des ruptures, mais aussi à différencier des stratégies de discours.

Bref à trouver des indices supplémentaires, et parfois révélateurs.

Par exemple, on repère assez facilement que Jacques Chirac utilisait « naturellement » avec une grande densité, et d’autant plus qu’il était à court d’arguments pour asseoir le « naturel » de sa démonstration.

C’est un peu comme ce tic de langage, qui annonce que vous êtes nerveux, ou sous pression, ou alors carrément en train de baratiner.


Autre exemple, parmi les quatre principaux candidats du printemps dernier, on découvre que c’est François Bayrou qui reprend l’usage de ce « naturellement » : 45 fois tous les cent mille mots, contre moins de dix à Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.




Alors pour ce qui est du rugby je vous signale, parce que je l’ai appris ce week-end que lorsqu’ on dit « en avant » au rugby cela ne veut pas dire « allez on y va les petits», Nonnn ! Et non ! Cela signifie qu’un joueur a passé la balle à un autre dans le mauvais sens. Et au cas où vous reviendrez de vacances sur la planète Mars, sachez que la règle sacrée, au ballon ovale, c’est de faire la passe en arrière. Si vous passez en avant, l’arbitre siffle une mêlée. Enfin je crois…



Oui mais c’est là que rien ne va plus. Car si vous regardez votre écran de télé de très près, vous verrez que lorsque le joueur A envoie la balle au joueur B, qui est en arrière, et que les deux courent vers la « Terre promise » du camp adverse (C’est pas un joli mot nom ça, la terre Promise » ?) , et bien physiquement, la balle en fait, elle va tout de même en avant, puisque les deux joueurs courent en avant…

Si vous ne me croyez pas, j’ai trouvé une vidéo, sur YOUTUBE, avec mise en place d’un repère orthonormé sur le gazon, des joueurs qui se font des passes académiques, pour l’expérience, et vous explique tout ce que vous n’avez jamais osé vous demander sur l’art et la manière de transmettre un ovoïde récalcitrant sous la menace inertielle d’un quintal de muscles en short fonçant droit sur vous.


J’ai aussi débusqué un site qui reprend en détail les descriptifs des musculatures des joueurs de rugby, la capacité comparée des gros, des petits et des grands joueurs à séduire les femmes, et les progrès réalisés dans ce domaine en quelques années.

Sur un autre blog, on nous révèle que le poids moyen d’un avant sudafricain est de 113 kg, d’un australien, de 111 kg et d’un français de 106 kg seulement.

Voilà où il nous reste des progrès à faire… Etre gros et efficace ou affiché sur des calendriers, nos bleus doivent choisir…



Mais désolé, je cherche toujours désespérément le site qui expliquerait comment rebondit cette p….de ballon de rugby. J’ai juste trouvé des forums où des scientifiques sont en plein débat et en désaccord sur le système d’équations à mettre en place pour évaluer comment le ballon fuse après le rebond. Il paraîtrait en fait que cela n’est pas modélisable.

Voilà au moins un sport qui résiste à la science et qui fait de la poésie.


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Liens cités :

.... Blog: technologies du langage....

.... Rimbaud et l’art de l’anaphore....

....Lexique littéraire....

.... VIDEO (en anglais) Rugby : Passe en avant....

.... Rugby : Les corps les plus séduisants, les plus performants
....


.... Rugby : Evolution des corps des joueurs
....


.... Le ballon ovale peut-il accélérer ?....

Y-aura-t-il toujours des mystères ?

Il y avait une question. Et parfois elle me démangeait tant que j’osais la poser à des chercheurs, lorsque des nuits partagées dans le local vie d’un télescope, à plus de 4.300 mètres d’altitude, ou bien les heures passées devant les ordinateurs de commande d’un accélérateur de particules me tendaient l’intimité que réclamait la sincérité de la réponse.

« Franchement, on sourit des connaissances des Anciens. On se moque des croyances, des superstitions, du monde plat, de la terre au centre de tout, de la génération spontanée, de l’astrologie et de la lecture dans les tripes du bœuf sacré… Mais ne crois-tu pas que demain, dans quelques siècles, nos lointains héritiers riront de notre savoir comme nous ricanons des errances de Descartes ou d’Aristote ? »
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A ma surprise, invariablement, savants ou découvreurs ont répondu :

« Non… Aujourd’hui ce n’est plus comme avant. Nous savons tant de choses. Ce qui reste à découvrir résiste, mais cela est mince… Il n’y aura plus de grandes révolutions scientifiques. Nous sommes proches du but »

Je suis buté. Je pense le contraire.
Il me semble que la certitude de notre savoir, cette conviction que nous avons ancrée en notre civilisation du progrès, que nous sommes presque parvenus au sommet de la montagne est un leurre que même des enfants écarteraient sans difficulté.

Je n’égrènerai pas, discipline par discipline, les arguments qui vont en ce sens. Je ne ferai pas la vertigineuse liste de ce que nous ne savons pas. Je ne soulignerai qu’un seul fait. Les vraies révolutions scientifiques, toujours, ont constitué des surprises. Et combien colossales.

Une rumeur en moi me dit qu’il n’en sera pas autrement. Et j’aime l’ humilité devant le mystère du monde que me procure cette calme conviction.

Je pense à cette découverte, publiée il y a quelques jours dans le journal Science : les bactéries échangent du matériel génétique avec les autres espèces vivantes, spontanément.

Il y a quelques années, je me souviens bien, dans un colloque, l’assemblée des savants a ri lorsque quelqu’un, un écrivain, osa avancer cela dans un jeu des « hypothèses ».


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Source : New York Times (citant Science) :
« Bacteria are a generous sort, sharing their genes with other bacterial species practically at the drop of a hat. Such lateral gene transfer, as it is known, contributes to the spread of bacterial drug resistance, for example.

But lateral gene transfer between bacteria and multicellular organisms has been assumed to be exceedingly rare, for the reason that most cells in a higher organism are somatic; their genetic material does not get passed on. “So the opportunity for contact and lateral gene transfer would be fairly low,” said John H. Werren of the University of Rochester.
But now Dr. Werren, Julie C. Dunning Hotopp of the J. Craig Venter Institute in Rockville, Md., and colleagues report widespread transfer of bacterial genes into the genome of numerous invertebrates. The finding was published in Science.

This genome-within-a-genome involves Wolbachia pipientis, a bacterial parasite that is one of the most prevalent in the world, infecting close to three-quarters of all invertebrate species, typically in the reproductive cells. “If we were going to find lateral gene transfers, this is where we were going to find it,” Dr. Werren said.

The researchers looked for Wolbachia genes in the genomes of more than 24 invertebrates, including wasps and nematodes, and found it in 8. In some cases, just short sequences of the bacterial genome were embedded in the invertebrate DNA. But in the fruit fly Drosophila ananassae, practically the entire Wolbachia genome was present. Further work showed that the bacterial genetic material was passed on in reproduction like normal genes.

Dr. Werren said the transfer likely occurred when reproductive cells repaired damaged genes by grabbing bits and pieces of DNA. In these cases, some of the DNA comes from the bacteria.

“The next big question is what’s the biological significance,” Dr. Werren said. The answer, he said, will surely be in the area of evolution. “It’s happening frequently enough,” he added, “that it’s inevitably going to be leading to the evolution of new genes.”

Planète Blogs (1) (chronique sur France Inter)

Premier texte d'une série de chroniques sur les sciences en blog, en direct sur France Inter, chaque lundi à 14h50 dans l'émission de Mathieu Vidard : "La tête au carré"

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Je suis certain que vous vous êtes toujours demandé si dans un couple l'écart d'âge entre les partenaires peut influer sur l'espérance de longévité du dit couple. Et bien je vous le donne en mille, un blog publie une étude scientifique récente, qui démontre que oui : les âges influent

Je vous le confirme. Selon cette étude il existerait une différence d’âge parfaite, idéale optimale. Et je ne fais pas planer le suspens plus longtemps, l'écart d'âge optimal entre deux membres d’un couple est de :

“ Onze ans, cinq mois et un jour exactement ”,
je cite le site « ScientistsofAmerica. com", :: il s’agit de la différence d’âge idéale qui doit séparer un homme de sa compagne dans un couple. Le chiffre peut étonner dans notre contexte moderne, voué au mariage "romantique" et à l’égalité dans le couple, mais c’est pourtant bien ce qui ressort d’une étude menée pendant plus de quatre ans sur plus de 3000 couples.
Et le scoop, en outre, c’est que cette observation n’est pas sexiste : cela fonctionne dans les deux sens : 11 ans, 5 mois et 1 jour si c’est l’homme qui est plus âgé, 11 ans, 2 mois et 10 jours si c’est la femme qui l’est.

Cette étude, on l’aura compris, je l’espère, est une farce, un poétique canular. Tous les posts publiés sur le site "Scientists of America", qui comme son nom ne l'indique pas, est bien de chez nous, sont des faux, de pures inventions. D’ailleurs le site vous propose de rédiger et de publier l"'étude qui vous arrange... ou de réaliser le faux vrai document qui vous permettra à partir du sujet de votre choix, la vitesse de pousse du gazon ou la manière de voler des corbeaux sur le dos, de briller en société.


Les articles les plus consultés sont : "Baccalauréat et tennis" (Le taux de réussite au baccalauréat est proportionnel à l’intérêt du tournoi de Roland-Garros) , mais aussi "que faire d'un oiseau blessé par le chat" , les dangers du jogging, et les légendes urbaines (comment les astronautes ne sont pas vraiment allés sur la Lune, la Nasa ayant tout filmé dans un hangar situé au Texas) dont ont dit que ce sont des rumeurs alors que ce ne sont que des faits tout à avérés, bien sur.


Comme tout ce qui ne sert à rien ce site sert à quantité de choses. Comme à mettre un peu de critique dans ce qui fait que nous croyons à de la science, même lorsque certaines idées avancées un peu vite sont très bancales. Il y eut des précédents célèbres, comme le fameux texte « Cantatrix Sopranica », de Georges Perec (de l’influence du jet de tomate sur le chant de la soprano) En, fait cette manière de se moquer des discours qui ressemblent à de la science, qui en ont l’odeur et le goût, mais qui n’en sont pas est essentielle. C’est de la critique scientifique ! Et c’est jubilatoire !


Autre sujet. Je ne sais pas ce que vous avez fait cet été, mais certains sont allés faire chanter les dunes.
plus sérieusement cela semble fou, mais les dunes de sable, dans les déserts chantent

Des sites internet se sont emparés de ces étranges mélodies et rumeurs
D'abord on vous expliquera sur le site du journal anglais (New scientist.com) comment faire chanter les dunes vous-même, avec vos amis, avec vos fesses, en descendant un tas de sable sur le derrière...

et ailleurs, comme sur (physicsworld.com) on vous dira tout sur la guerre qui oppose les chercheurs a ce sujet


Car les chercheurs ne sont toujours pas d'accord entre eux quand à la manière d’expliquer ces phénomènes Il existe plusieurs hypothèses. Grande polémique dans le désert...


Encore deux infos trouvées sur le site scienceblog.com, qui fourmille de petites informations (en anglais)

- Un conseil : Ne mangez pas dans des restaurants qui vous proposent des menus allégés
Des statistiques, sérieuses celles-là, montrent que l'on fini par se laisser aller et que l'on consomme davantage de calories dans ces restaurants qui vous donnent bonne conscience que dans des établissements "normaux" où l’on se tient sur ses gardes.

Et sur le même site encore: demain, nous pourrons jouer à Spiderman.


En s'inspirant du gecko et autres animaux capables de marcher au plafond, en utilisant les forces moléculaires qui permettent à deux objets d'adhérer l'un à l'autre des chercheurs italiens (à l'ecole polytechnique de Turin) veulent développer des outils et des "costumes" qui nous permettront de nous coller au plafond.



Ah et puis je voulais encore vous signaler, un coup de coeur, comme vous savez que pour moi science et poésie vont bien ensemble, le site du photographe Ludovic Maillard , (les yeux ouverts). Il parcourt la France à pied et photographie les paysages et les gens. C’est beau, , intelligent. Et c’est une manière tendre de faire de la sociologie par le regard qui me va bien !


Voilà. Surfez bien, ma non tropo.














Liens cités :

http://www.scientistsofamerica.com/index.php

http://www.newscientist.com/blog/shortsharpscience/2007/08/music-of-dunes.html

la petite bataille du moment :
http://physicsworld.com/cws/article/print/26278

encore plus de chants de dunes :
http://www.lps.ens.fr/~douady/SongofDunes/MovieBadainJirin.html

http://www.scienceblog.com/cms/scientist-develops-real-life-spiderman-suit-material-14050.html

http://lesyeuxouverts.blog.lemonde.fr/

La mer s'est soulevée

J'aime me lever avant les autres. Avant lui.

A ces heures-là le soleil est rond, rouge et roule dans le blême du ciel sans trop rien annoncer de la journée. On aime ces matins pour ça. La stupeur. Cette naïveté. Ce lampion qui se hisse et s'imagine que tout peut recommencer comme si hier n'avait pas été. Son premier cri de lumière. Un premier cri qui chaque jour se fout de ce que sera sa vie.

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C'est en Corse, en voilier. Un mouillage et le balancement, sous le cap de Sénétose. Un silence peuplé de clapots et de pâleurs. A peine si la chaîne de l'ancre grince dans l'étrave. La lumière glisse en moi et me parle de mes promesses, de tous ces tendres passés. De tout ce qui fait ma vie, et jamais ne reste contre moi. Les seules caresses qui vous manquent sont celles qu'il faut à jamais pourchasser. Et là, elles sont presque à moi. Pouliches appaisés. Dans ces crinières d'argent je suis capable de me souvenir de tout. La mer me montre le passé. Me retourne le moindre regard dont on m'a effleuré. Et ces mains qui m'ont touché.

Dans l'écrin, là, de cette brume descendue des falaises, ma solitude est évanouie. Ces cailloux, ces murs que ne sculptent que les vents, au pied de cette tour belle et effondrée, cela pourrait se passer lorsque gabares et caravelles ralliaient les mondes. A l'époque des Maures, ou celle des drakkars. Cela pourrait aussi venir demain tant l'azur déversé sur le maquis égare le sable et ma dent. Le roc et la mer se respirent, enlacés. C'est à eux que j'appartiens.

Oui. Toute cette paix ne puise qu'à sa fin. Seul un instant pouvait receler cette force. Un instant. Il faut abandonner. On triche ? Les vagues vont venir. L'on ne triche pas ? Cela sera Mistral. Tout s'envolera.

Revenu à moi, je descends dans le carré. La bouilloire est chaude. Le souffle des dormeurs sans crainte.
La café à la main, je resurgis dans mon rose et tous ces bleus.

Et là, sans rien prévenir
Du bateau jusqu'aux rochers, la mer entière autour
Un torrent d'étincelles, un second, d'autres, et encore.
Des éclats, innombrables, minuscules, ont quitté l'eau.

Déchirement de soie
Ils retombent.
Il pleut des poissons.


Là dessous un gros, un mérou, un grondin, un barracuda
les a poussés une dernière fois au ciel avant son festin.
Une fois, comme eux, bondir sans cri.