Sarko carbone

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Etrange, ce théâtre de la taxe carbone. Je veux dire l'histoire que l'on nous en brosse à travers les médias. Les derniers sondages nous disent que 3/4 des Français sont à présent hérissés contre cette taxe. Et l'on apprend que le Président n'a pas tranché, qu'il sauvera le pays de cette nouvelle plaie d'Egypte la semaine prochaine.


Je ne suis pas (plus) dans le secret des alcoves et des couloirs, mais tout de même, sachant comment cela se passe en coulisse, et ayant quelque notion sur la manière dont travaillent les "story tellers" et autres réseaux communicants du Sarko Band, j'aurai tendance à rapprocher les faits suivants.


1. L'Ecologie est l'élément émergeant à gauche.

2. L'Ecologie "sociale" risque de fédérer le peuple de gauche (démonstration des européennes)

3. Les Français détestent les impots (manque de solidarité redistributive, horreur historique de l'impot, méfiance à l'égard de la gestion du budget...)

4. La peur et l'infantilisation fonctionnent particulièrement bien dans le climat actuel (insécurité, crise, réchauffement...)


A la place des conseillers et consultants du Prince voici ce que j'aurais proposé à Président Bling.


1. Un épouvantail. Par exemple une commission rendant un verdict technique et proposant une taxe carbone très élevée à plus de 30 Euros, bien en phase avec les pays européens la possédant déjà (Rocard serait parfait dans ce rôle, il fait peur et personne ne le comprend Président)


2. Attendre que le consensus d'écologie sociale de gauche éclate, entre "durs" et "mous" de la ligne Verte. Ils sont assez stupides pour s'étriper devant les Français. Suggérer à quelques journaliste et directeurs de journaux amis que gauchistes, socialistes et Verts ne sont que des guignols. Agiter le bocal au moment des universités d'été de tous ces partis.


3. Etape suivante. Le gouvernement fait machine arrière, modérément. Borloo se tait. Fillon jouerait le jeu bien mieux que lui. Annoncer une baisse de la menace de taxe carbone de 50 %, ce qui démontre bien sa faiblesse politique et la discrédite d'entrée. Commencer à faire de la pédagogie seulement à ce moment (ce n'est pas une taxe, mais une incitation/redistribution à changer de modèle économique, mais surtout ne pas le dire)


4. Attendre que l'hystérie "impot écolo bobo" monte d'un cran et annoncer l'imminence d'une annonce présidentielle dissipant les malentendus, et la trouille d'une taxe nouvelle (rassure l'électeur de base et donne des arguments aux amis de la finance et de l'industrie). Apparaître comme le seul "sage" au-dessus de toute cette bande de gauchos et d'écolos des cavernes.


5. Bilan : une torpille sous la ligne de flottaison du consensus d'écologie sociale qui commençait à mobiliser et à unir le pays. La priorité étant de fracturer l'alliance socialo-verts-gauches, dans la droite ligne des élections régionales.


1 commentaire:

charles a dit…

et en 6, plutot que taxer le consommateur qui n'a quand même pas d'autres choix que d'acheter ce qu'on lui propose, taxer les constructeurs qui proposent sur le marché, des voitures "taxables" à terme.